La Suisse s’arrête au stade des quarts de finale de l’Euro 2020. La Nati a été battue par l’Espagne, après une série de tirs au but à rebondissement. Au bout du téléphone, à peine le coup de sifflet final passé, Stéphane Henchoz, l’ancien international au plus de 70 sélections, réagit à chaud.

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Le Temps: Stéphane Henchoz, une élimination telle que celle vécue par la Nati, c’est rageant.

Stéphane Henchoz: Evidemment que ça l’est. La Suisse a été héroïque. Elle a réussi à amener l’Espagne en prolongation, puis au tirs au but, dans les circonstances que l’on connaît, à 10 contre 11. L’esprit d’équipe était fabuleux. La Nati a fait corps, a tout donné. Mais, si on essaie d’être objectif et qu’on pousse l’analyse plus loin, l’Espagne était techniquement supérieure à la Suisse et elle a offert plus de substance dans son jeu. On l’a vu durant les vingt premières minutes, les Helvètes n’ont pas vu le ballon. C’est rageant de perdre aux tirs au but, mais sur l’ensemble du match, on peut dire que c’est la meilleure équipe qui se qualifie pour les demi-finales.

La Suisse qui a réussi ses cinq penalties lundi soir contre la France en manque trois ce vendredi, comment l’expliquer?

La différence réside dans la physionomie du match. A la sortie d’une prolongation à 10 contre 11, vous êtes plus émoussés, que si vous jouez à 11. Vargas n’arrivait plus à mettre un pied devant l’autre à la fin du match. Akanji, quant à lui, se retrouve dans une situation de fatigue physique et mentale extrême. Lorsque vous devez supporter le poids d’un tel match, lors duquel vous n’avez pas le droit à l’erreur, vous n’arrivez pas en conditions optimales pour tirer votre pénalty. Le déroulement du match explique donc certains ratés. Et il ne faut pas oublier que ça peut arriver.

Il y avait un grand absent du côté suisse ce soir, le capitaine Granit Xhaka. Est-ce que cela a eu un impact sur l’équipe?

Sur l’état d’esprit de l’équipe, non. Je le répète la Nati a été héroïque. Elle ne pouvait pas faire mieux. En revanche, il a manqué dans le jeu. Zakaria n’a pas réussi à faire oublier Xhaka. Le Genevois a vécu un match compliqué, lui qui a peu joué en club durant la saison, mais aussi depuis le début de cet Euro. Son partenariat avec Freuler n’a pas fonctionné, mais c’est normal quand les habitudes manquent.

Au final, si on essaie d’oublier la déception de cette élimination, que conservez-vous de cet Euro, pour la Suisse?

On oubliera le premier tour pour se souvenir de cette mémorable soirée contre la France. Mais aussi du fait que l’on est passé à un cheveu d’une demi-finale.