Un peu déçu mais très content. Stéphane Lambiel était partagé mardi à l’issue de son programme court. Heureux d’avoir «échangé une très belle énergie avec le public», au terme d’une prestation plus solide que celle présentée aux Européens de Tallinn le mois dernier. Mais contrarié d’avoir esquinté sa combinaison quadruple-triple, de ne pas avoir rendu la copie parfaite à laquelle il aspire. Résultat des courses: avant le programme libre de jeudi, le Valaisan pointe au 5e rang d’un classement emmené par l’indéfectible Evgeni Plushenko. Traduction: rien n’est perdu pour le podium, mais pour l’or, ça s’annonce très compliqué.

Avec 84,63 points – contre 90,85 au Russe –, Lambiel, crédité de la meilleure note artistique sur le «Guillaume Tell» de Rossini, a battu son record personnel. Mais la concurrence est rude à Vancouver. Habitué à prendre ses aises, Plushenko n’a cette fois-ci que peu de marge sur l’Américain Evan Lysacek (90,30) et le Japonais Daisuke Takahashi (90,25) – son compatriote Nobunari Oda (84,85) s’intercale à la 4e place. «La bataille aura lieu lors du programme libre», a prévenu le tsar, victime de douleurs musculaires et sérieusement menacé par la fronde.

Même Stéphane Lambiel fait encore mine d’y croire: «Six points, ce n’est pas énorme, mais c’est 6 points», soupèse-t-il avant de se donner du cœur à l’ouvrage. «La situation n’est pas la même qu’à Tallinn, où j’avais 13 points de retard après le court. Six points, ça se rattrape, c’est l’équivalent d’un triple saut.»

Dans les catacombes du Pacific Coliseum, quelqu’un s’étonne de l’optimisme affiché par le vice-champion olympique de Turin. «La médaille d’or n’est pas impossible», persiste le Valaisan. «Tout est possible, je me connais…» Le rendez-vous est pris jeudi, pour ce qui sera vraisemblablement sa dernière grande compétition internationale. Stéphane Lambiel aura pour objectif la perfection.