Football

Steve Gohouri porté disparu, le foot romand s’inquiète

L’ancien international ivoirien n’a pas été vu depuis samedi. Il a laissé de bons souvenirs à Yverdon, où Gabet Chapuisat en avait fait un défenseur

Où est passé Steve Gohouri? La question circule depuis mardi sur les réseaux sociaux. Selon l’avis de disparition bricolé par des amis et largement partagé en ligne, l’ancien international ivoirien (treize sélections) a quitté son domicile de Rhénanie-du-Nord-Westphalie samedi après-midi et n’a plus été revu depuis. La police allemande le recherche. «Il m’a dit qu’il allait voir sa famille à Paris, a raconté Thomas Brdaric, son entraîneur au TSV Steinbach, à RevierSport. C’est désormais clair qu’il n’y est jamais arrivé.» Sa famille, justement, s’est rendue à Düsseldorf pour le déclarer disparu. L’histoire a trouvé écho dans la presse allemande, française et africaine, et elle émeut jusqu’en Suisse. Steve Gohouri a joué à Yverdon Sport entre 2000 et 2002, puis à Young Boys entre 2005 et 2006. Ces deux étapes ont été déterminantes pour ce solide gaillard d’un mètre nonante.

A Berne, après des passages par Bologne et Vaduz, il s’est imposé comme un défenseur de haut niveau. Ses performances lui ont valu d’éveiller la convoitise des grands championnats; il découvrira la Bundesliga (à Mönchengladbach) puis la Premier League (à Wigan), et il sera convoqué avec les Eléphants de Didier Drogba, jusqu’à disputer la Coupe d’Afrique des nations 2008 et le Mondial 2010. Une carrière des plus honorables, rendue possible parce qu’une année et demie après le passage à l’an 2000, dans le Nord vaudois, un homme s’est dit qu’il y avait un bug.

Pour Gabet Chapuisat, qui succède à Philippe Perret à la tête d’Yverdon Sport, Steve Gohouri n’est pas celui que l’on croit. «Il était attaquant, mais il se cherchait un peu, se souvient l’entraîneur. J’ai fait le pari de le lancer comme stoppeur. Après tout, il avait le physique de l’emploi, et il savait jouer au foot. Il avait donc un potentiel intéressant.» Il a convaincu dès le premier entraînement. «D’emblée, on s’est dit que c’était incroyable: il gagnait tous ses duels, se souvient Mikael Duperret, son coéquipier à ce moment-là. Finalement, il a joué en défense centrale une première fois dans un derby contre Lausanne. Il a été le meilleur homme sur le terrain.» Un nouveau footballeur est né sur les pelouses vaudoises, son destin le mènera au plus haut niveau.

Olé-olé, apprécié de tous

Gabet Chapuisat a revu Steve Gohouri une dernière fois en 2003, le temps d’une préparation physique personnelle. Mikael Duperret, lui, n’a guère maintenu qu’un contact virtuel, mais le choc de l’avis de disparition de son vieux pote était bien réel. «Je suis très inquiet. Il était parfois en retard, oui, mais aussi très pro. Disparaître comme ça, ce n’est pas son genre.» Les deux hommes se connaissaient bien, étaient très proches. «Il ne savait pas se faire à manger, donc plutôt que de le laisser aller au restaurant tout seul, un soir, je lui ai dit de passer à la maison. Après ça, il est venu presque tous les jours. Ma maman l’adorait.» Dans les vestiaires du Stade Municipal aussi, Steve Gohouri était très populaire: un boute-en-train, à la bonne humeur permanente. «C’était son personnage, il avait ce côté olé-olé, toujours prêt à faire la fête, apprécié de tous», complète Gabet Chapuisat.

Depuis ses débuts chez les jeunes du PSG, en 1998, le gamin de Treichville, dans la banlieue d’Abidjan, n’a pas toujours été facile à suivre: il a joué en France, en Israël, en Suisse, en Italie, au Liechtenstein, en Allemagne, en Angleterre et en Grèce, jusqu’à se retrouver désormais en quatrième division allemande. Mais où est-il vraiment aujourd’hui? «Il y a des spéculations – j’espère qu’elles ne sont pas vraies – comme quoi il avait des problèmes personnels et qu’il a abandonné ses responsabilités», a glissé son entraîneur Thomas Brdaric. Une chose est sûre: tout le monde espère retrouver sa trace le plus vite possible.

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