Impressionnant pour certains. Quasiment extraterrestre pour d'autres. Invincible pour la plupart. Les superlatifs sont toujours les mêmes lorsqu'il s'agit de qualifier une prestation d'Hermann Maier. Vendredi à Kitzbühel, le double champion olympique a donné une nouvelle preuve de sa supériorité lors du super-G. Sur le parcours le plus risqué et difficile de la saison, il a commis un sans-faute, laissant son dauphin et compatriote Josef Strobl à quasiment une seconde (95 centièmes). L'Autriche a complété le triplé, devenu habituel ces derniers temps, en plaçant Werner Franz à la troisième place (1''17). Le Neuchâtelois Didier Cuche, meilleur Suisse, a pris une satisfaisante septième place.

Sur la mythique Streif, dont la déclivité et l'étroitesse s'accommodent mal d'un Super-G, le traceur norvégien avait corsé les difficultés, espérant favoriser Kjetil Andre Aamodt et Lasse Kjus. Le premier s'est classé huitième, alors que le second a abandonné. Ils n'ont d'ailleurs été que 31 à franchir correctement l'arrivée sur 60 inscrits. Les filets de protection ont recueilli quantité de skieurs en perdition, dépassés par la vitesse, les skis en l'air. Bruno Kernen, champion du monde de descente 1997, est même passé… sous la porte.

«On avait sous-estimé la vitesse de certains passages, rendus plus rapides par le froid de la nuit», dira Hermann Maier. Et l'Autrichien, qui a remporté sa 36e victoire en Coupe du monde, la 14e en super-G et la 7e de la saison, d'ajouter: «Sur cette piste, je suis plus à l'aise en super-G qu'en descente (n.d.l.r.: il n'est jamais monté sur un podium à Kitzbühel), car j'arrive à trouver la ligne idéale.» Ses adversaires n'ont pas manqué de s'en rendre compte. Surtout dans le dévers précédant l'arrivée, là où les autres n'arrivaient plus à contrôler les battements fous de leurs lattes sur les aspérités du terrain, Hermann Maier faisait la différence.

Dans le camp suisse, Didier Cuche se montrait content de son septième rang, même s'il espérait mieux. «Cela s'est bien passé dans l'ensemble. Je n'ai pas tout de suite trouvé le rythme en haut. Sur cette piste, chaque faute se paie cash. Il y avait des pièges tout au long du parcours. Heureusement que j'ai vu l'élimination de Paul Accola, car je voulais prendre la même trajectoire et il n'y avait aucune possibilité de corriger cela une fois en piste», expliquait-il. Pour sa première participation, le Grison Silvano Beltrametti a pris une bonne douzième place. Les autres Suisses ont réussi une performance d'ensemble très médiocre avec pas moins de six coureurs qui n'ont pas rallié l'arrivée.

Kostner devant Götschl

Chez les femmes, les écarts entre les trois premières sont infimes. Devant son public, Isolde Kostner (25 ans) a remporté la descente de Cortina d'Ampezzo. Elle a précédé l'Autrichienne Renate Götschl de deux centièmes et la Française Régine Cavagnoud de 16 centièmes. L'Italienne conforte du même coup sa première place au classement de la discipline, où elle compte désormais 43 points d'avance sur Renate Götschl.

Après deux éditions dominées par Régine Cavagnoud, vainqueur en 1999 et en 2000 sur l'Olympia Tofana, Isolde Kostner a repris son règne à Cortina, station dans laquelle elle a glané six de ses onze victoires en Coupe du monde. Elle s'y était imposée trois fois consécutivement entre 1996 et 1998, réalisant même un doublé en 1997, en s'adjugeant également le super-G. Très à l'aise sur les secteurs de glisse, elle est parvenue à limiter les dégâts dans la partie technique, dans laquelle elle n'a concédé que trois dixièmes à Renate Götschl. Cette dernière, deuxième, n'a donc pas réussi la passe de trois en descente, elle qui avait remporté les deux dernières épreuves disputées, à Saint-Moritz et Haus.

Meilleure Suissesse lors des entraînements, la Vaudoise Sylviane Berthod a confirmé ses bonnes dispositions en prenant le 10e rang, à 1''32. Douzième à 1''50, la Valaisanne Corinne Rey-Bellet a payé un lourd tribut à un début de course hésitant, puisque son retard sur les meilleures se chiffrait déjà à près d'une seconde après le premier temps intermédiaire.