Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Zlatan Ibrahimovic a quitté la sélection suédoise au lendemain de l’Euro 2016. Ici à Nice, en juin 2016.
© PETER POWELL

Suisse-Suède

Pour la Suède, la vie (est belle) sans Zlatan

La retraite internationale de Zlatan Ibrahimovic n’a pas entraîné de crise au sein de l’équipe scandinave. Elle n’est pas la première à se sublimer après le départ de sa star

L’équipe de Suède semblait avoir tout perdu au premier tour de l’Euro 2016. Ses matchs contre l’Italie et la Belgique. Et puis son visage, sa star, son phare. Après 116 sélections et 62 buts (un record), Zlatan Ibrahimovic tirait sa révérence internationale et semblait laisser un vide vertigineux. Aucun autre footballeur suédois n’a sa personnalité dévorante, sa notoriété mondiale ou son talent hors norme.

Et pourtant. Deux ans après une élimination précoce en France, voilà les Blågult face à la Suisse en huitièmes de finale de la Coupe du monde en Russie. Lors des éliminatoires, ils ont terminé derrière la France mais devant les Pays-Bas. En barrages, ils ont sorti l’Italie. En Russie, ils ont viré en tête d’un groupe où l’Allemagne a mordu la poussière. Il n’est plus question de savoir s’il y a pour eux une vie sans Zlatan, mais s’ils peuvent rééditer l’exploit de Tomas Brolin, Martin Dahlin et les autres, qui s’étaient hissés à la troisième place de la World Cup américaine en 1994.

Lire également: Les trois clés du match Suisse-Suède

De nombreux précédents

La Suède est loin d’être la première équipe à mesurer les conséquences positives et un peu contre-intuitives du départ de la vedette. L’Espagne remporte son premier titre, l’Euro 2008, en se passant de Raul. La Côte d’Ivoire gagne la Coupe d’Afrique des nations en 2015, un an après la retraite internationale de Didier Drogba.

Les exemples en clubs sont encore plus nombreux. L’Etoile Rouge Belgrade décroche, en finale contre l’Olympique de Marseille, la Ligue des champions en 1991 un an après le départ de Dragan Stojkovic à l’Olympique de Marseille. L’Olympique de Marseille fait de même en 1993, en finale contre le Milan AC, un an après le départ de Jean-Pierre Papin au Milan AC.

La Roma atteint cette année les demi-finales de la reine des compétitions européennes un an après la retraite de Francesco Totti. Zlatan Ibrahimovic lui-même connaît bien le phénomène: il est à l’Inter Milan quand Barcelone remporte la Ligue des champions en 2009, à Barcelone quand l’Inter triomphe en 2010, au Milan AC quand Barcelone récidive en 2011.

Retrouvez tous nos articles sur la Coupe du monde.

La star, c’est l’équipe

Cela n’enlève rien à son statut de meilleur joueur de l’histoire du football suédois. Mais l’équipe nationale a parfaitement réussi à refaire sa vie sans lui. «Avec son départ à la retraite, nous avons perdu l’un des plus redoutables attaquants du monde, reconnaît Andreas Granqvist, qui lui a succédé dans le rôle de capitaine. Mais l’état d’esprit n’a pas beaucoup changé. Depuis deux ans, nous avons construit de solides fondations et d’autres joueurs ont su s’avancer sur le devant de la scène.»

Volontairement ou pas, une star «écrase» un peu ses coéquipiers. Lorsqu’elle s’en va, il y a de la lumière à prendre. Certains peuvent se sentir libérés, stimulés et accepter d’en faire davantage lors de l’inévitable redistribution des responsabilités.

Les attaquants Marcus Berg, qui évolue aux Emirats arabes unis, et Ola Toivonen, qui n’a pas marqué le moindre but pour Toulouse la saison dernière en Ligue 1, font sur le papier moins peur que Zlatan Ibrahimovic. Mais si, lorsque celui-ci a laissé entendre qu’il ne serait pas contre un retour pour la Coupe du monde, le sélectionneur Janne Anderson n’a pas saisi la perche tendue, c’est pour une bonne raison: la Suède s’est trouvé entre-temps une nouvelle star. L’équipe.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sport

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Les athlètes suisses reviennent des European Championships de Glasgow/Berlin, qui réunissaient les épreuves de sept fédérations, avec dix-neuf médailles. Retour en images sur les cinq performances les plus marquantes

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Switzerland's Lea Sprunger reacts after winning the women's 400m Hurdles final race during the European Athletics Championships at the Olympic stadium in Berlin on August 10, 2018. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
© JOHN MACDOUGALL