La joueuse italienne de 29 ans a remporté son premier Roland-Garros en battant l’Australienne Samantha Stosur en deux sets 6-4, 7-6 (7/2), samedi en finale Il s’agit de la première victoire d’une Italienne dans un tournoi du Grand Chelem. Elle est la deuxième championne du Grand Chelem la plus âgée de l’ère Open (1968)

Le Temps: On voit beaucoup d’histoires de joueurs qui, surtout en fin de carrière, font un bon parcours dans un tournoi en accédant aux demi-finales ou à la finale, mais qui gagnent rarement. Vous avez joué un très bon match aujourd’hui. Comment avez-vous fait? Francesca Schiavone: J’ai très bien préparé cette finale, mentalement et tactiquement. J’étais concentrée sur mon service. Je regardais nulle part, je voulais juste sentir mon jeu et essayer d’être aussi agressive que possible. – Vous êtes souvent montée au filet avec détermination. Est-ce que quelque chose que vous aviez planifié avec votre coach? – Oui, c’était ma tactique d’y aller le plus souvent possible et de mettre la pression sur son revers et, quand c’était possible, de monter aussi sur son coup droit parce que c’est l’un de ses points forts. Mon but était d’être agressive. – Gagner Roland Garros, était-ce un rêve que vous vous sentiez capable de réaliser? – J’ai toujours rêvé de gagner ce tournoi. Et j’ai toujours cru en moi. Pas en ma capacité de gagner ce tournoi ou ce trophée, mais en moi. Je crois que c’était ça la clé. Je suis si heureuse. Vraiment très heureuse. – Il y avait du monde dans votre tribune pour vous encourager... – C’était ma famille, les gens qui travaillent avec moi et mes amis. Certains qui datent de quand j’avais deux ou trois ans. Ca me fait super plaisir. Quand je les ai vus après le match, je leur ai demandé ce qu’ils faisaient là. Ils m’ont expliqué qu’ils étaient montés dans une voiture et avaient roulé pendant dix heures. Je leur ai dit qu’ils étaient fous. Et ils m’ont répondu que vu que je ne leur avait pas payé l’avion pour venir, ils étaient bien obligés de prendre la voiture. Et ils sont déjà repartis. – « Incroyable, impensable! », c’est que titreront les journaux demain un peu partout dans le monde. Et vous, comment décririez-vous ce que vous avez réalisé aujourd’hui? – Je me suis dépassée. Je suis allée au-delà de mes limites . J’ai aussi improvisé. Il faut réussir à donner tout ce que l’on a donner sur une 20 minutes, une ou deux heures. – Hier, vous avez dit que ce serait la plus intelligente qui gagnerait la finale. Doit-on en conclure que vous êtes la lus intelligente? – Oui. C’est moi (elle rit). – Vous devez être une héroïne en Italie. Faut-il s’attendre à une liesse populaire? – Mais non. Pas du tout. Je vais rentrer voir papa et maman. En général, on fait un bon repas à une dizaine de personnes. Maintenant, je pense qu’il va falloir que j’achète une maison plus grande pour organiser un dîner pour 50 personnes. Honnêtement, je ne sais pas. Je suis ici et je n’arrive pas bien à mesurer ce qui se passe en Italie. Pour moi, c’est un honneur d’être une championne, d’être une personne qui pourrait éventuellement servir de modèles pour d’autres.