Le Temps: Que pensez-vous des critiques émises à l'endroit du directeur général François Carrard, jugé plus assez disponible pour le CIO?

Dick Pound – Depuis quelques mois, des spéculations circulent au sein de l'instance, disant que Me Carrard va retourner à son cabinet d'avocats, à Lausanne. Dans ce cas, j'espère qu'il continuera à faire profiter le CIO de son expérience, au titre de conseiller juridique. Le problème, c'est qu'il a trop d'activités pour fonctionner comme directeur général à plein temps.

– Donc, vous ne démentez pas la rumeur sur son prochain départ?

– J'avoue être surpris qu'il soit resté à son poste jusqu'à maintenant. Je n'ai jamais eu le sentiment que son rêve consistait à passer sa vie entière au CIO…

– Vous seriez candidat à sa succession?

– Absolument pas!

– Vous dirigez la commission d'étude sur la réduction du coût et de la taille des Jeux. Pourquoi n'avoir présenté qu'un rapport intermédiaire et non des conclusions concrètes?

– Dès le départ, j'ai décidé de ne pas aller trop vite en besogne, et d'arriver ici avec quelques idées directrices en vue de préparer la session, d'être certain qu'elle me suive sur les principes. J'ai voulu éviter les problèmes que connaît la commission du programme olympique, laquelle a entamé son travail par le mauvais bout.

– C'est-à-dire?

– La session n'a pas pu examiner la question globale des sports présents aux Jeux, et voilà qu'on nous demande tout de suite d'en éliminer trois.

– Vous estimez que les membres refuseront d'éjecter le baseball, le softball et le pentathlon moderne?

– C'est possible. Il existe beaucoup de réticences envers le fait d'exclure des sports si vite, sans consultation préalable.

– En tant que président de l'Agence mondiale antidopage, que répondez-vous à ceux qui affirment que le futur code mondial n'emportera pas l'adhésion du football, du cyclisme et du tennis?

– La suspension minimale de deux ans dès la première infraction constitue la pierre d'achoppement. Ces trois grandes fédérations internationales doivent me présenter, d'ici au 10 décembre, un projet déterminant les circonstances exceptionnelles qui, selon elles, ne méritent pas une telle sanction. Nous rouvrirons les pourparlers à ce moment-là.