Eliminée sans même accéder à la phase finale il y a un an, l’équipe de Suisse de hockey sur glace a quelque chose à se faire pardonner aux Mondiaux qui débutent en Finlande et en Suède.

Luca Sbisa, 22 ans, a intégré il y a quatre ans la plus prestigieuse ligue du monde, la NHL. D’abord à Philadelphie, puis à Anaheim, il s’est établi défenseur talentueux, compétiteur féroce. En 2011, il laissait plusieurs Helvètes à leur autosatisfaction pour mieux hurler sa frustration, froissé par la défaite fatale contre la Norvège. «On aime trop endosser le costume de l’«underdog» [celui dont la défaite est attendue], avait-il balancé. On doit changer de mentalité pour apprendre à supporter la pression du favori.»

Quelques mois n’ont pas métamorphosé le jeune loup, dont le discours demeure résolument ambitieux. Il en est qui énoncent un objectif limité aux quarts de finale. Il les renie. «Je sais qu’il y a une année, lorsque j’ai dit croire en nos chances de médaille, j’ai fait rire beaucoup de monde», se souvient-il. Sans regret. «Dans un tel tournoi, toutes les équipes sont proches. Un gardien en état de grâce ou un rebond favorable peuvent tout changer. Le hockey est imprévisible et la victoire s’offre à ceux qui en ont faim. Alors, oui, je préfère parler de médaille que de quarts de finale.»

Ces fameux quarts de finale, devenus une incontournable visée helvétique depuis une décennie. Douze ans de règne, de 1998 à 2010, avaient, certes, peu à peu lassé la Suisse de Ralph Krueger. La longévité de ce technicien tranchait en des temps où le sport a plutôt tendance à consumer ses entraîneurs qu’à les embaumer. Mais le Canado-Allemand, pressenti pour reprendre la bride de la sélection germanique après une expérience en NHL, a eu le mérite d’accoutumer la Suisse aux quarts de finale des grands tournois.

En 2010, en Allemagne, son successeur Sean Simpson était parvenu à atteindre ce même stade, avant les atermoiements desquels naquit cet échec teinté de résignation en 2011. Et aujourd’hui? Le coach estime disposer du meilleur groupe depuis son arrivée. Mark Streit, défenseur vedette des Islanders de New York, a répondu favorablement à une invitation pour la première fois depuis les JO de Vancouver.

Le président de la Fédération helvétique, Philippe Gaydoul, est optimiste: «Nous voulons au moins atteindre les quarts de finale», a-t-il annoncé dans une interview. Les quarts de finale? «J’ai dit au moins les quarts de finale», a-t-il rétorqué du tac au tac.