Un Suisse-Biélorussie, en hockey sur glace, ça demande toujours de la patience et de la mansuétude… Parce qu’entre deux équipes qui cherchent surtout à se défendre, ça peut difficilement déboucher sur une rencontre très harmonieuse. Celle de mardi à Vancouver, avec une qualification pour les quarts de finale des Jeux olympiques au bout de l’empoigne, n’a logiquement pas fait exception à la règle. Après une partie d’échecs bouclée sur un score de parité (2-2 après prolongation), c’est la Suisse qui a forcé son destin lors de l’exercice des penalties.

Si laborieux fut-il, ce succès permet à la Suisse de remplir son objectif minimal en se glissant dans le cercle des huit dernières nations en lice. Cette victoire permettra également au coach Ralph Krueger, qui quittera ses fonctions à la fin du tournoi, de diriger la sélection helvétique pour la 298e fois. La dernière? Vainqueurs de leurs trois rencontres – dont la première 3-1 face à la Suisse –, au repos mardi, les Etats-Unis partiront largement favori. «Il va falloir aller chercher l’énergie dans la tête», exhorte l’attaquant helvétique Thomas Deruns. «Si nous reproduisons le même type de match que contre le Canada, nous aurons notre chance.»

Il faudra, pour cela, faire mieux que mardi face au hérisson biélorusse. L’entame de match laisse, l’espace d’un instant, imaginer un scénario moins étriqué que d’habitude entre deux contradicteurs de valeur sensiblement égale. Après 59 secondes en effet, les Biélorusses mènent déjà 1-0, suite à une grosse bourde du gardien Jonas Hiller, exploitée par un Aleksei Kalyuzhny de passage. Mais ce coup du sort est vite effacé par Julien Sprunger qui, tout heureux d’embarquer le puck avec lui alors que la Suisse évolue en supériorité numérique, le propulse au bon endroit (13e minute).

Et puis les choses reprennent leur cours normal. On s’observe, on se frotte, on bloque les espaces et on bride l’adversaire. Parfois, une occasion de but, de part ou d’autre, vient rappeler au public qu’il y a un sens au hockey: faire trembler les filets. Le Canado-Suisse Hnat Domenichelli y parvient à la 28e, à la force du jarret, imité par Konstantin Zakharov huit minutes plus tard. Deux buts inscrits à 5 joueurs contre 4, qui s’annulent au tableau d’affichage. Crispé par l’enjeu, celui-ci ne bronchera plus.

Vient alors la séance des penalties, exercice qui avait privé la Suisse d’un exploit contre le Canada. Cette fois-ci, l’issue des courses s’avèrera favorable. Thomas Deruns et Romano Lemm réussissent les deux premiers essais helvétiques et comme Jonas Hiller ne concédera qu’un seul but à la Biélorussie, l’affaire est dans le sac. Tout juste, mais dans le sac.