Un terrain de terre battue installé au milieu de deux courts en dur, une seule grande tribune dans laquelle sont assis quelques écoliers ouzbeks et sept (!) supporters suisses, le tout dans un stade nommé «Olympic Tennis School» et sis dans une banlieue tranquille de Tachkent. Sous la tribune, on a la surprise de découvrir parmi les portraits d’anciens champions qui se sont illustrés ici une photo en tenue traditionnelle du pays de l’ex-professionnel suisse George Bastl, finaliste en 1999 du tournoi ATP qui se déroule dans la capitale ouzbèke.

Dans ce cadre, sous un beau soleil et par une température dépassant les 30 degrés, l’équipe de Suisse est venue défendre sa place dans le groupe mondial de Coupe Davis. Privée de Stan Wawrinka, Roger Federer et Marco Chiudinelli, elle n’a pas les faveurs de la cote mais, à l’issue de la première journée du barrage, elle conserve ses chances de victoire, à égalité avec l’Ouzbékistan, en attendant le double de samedi et les simples décisifs de dimanche.

La Suisse a bénéficié d’un coup du sort: le numéro 2 ouzbek Farrukh Dustov (ATP 237) a été contraint de déclarer forfait au dernier moment pour cause d’intoxication alimentaire. Il a été remplacé par Sanjar Fayziev (ATP 634) et cela a fait les affaires d’Henri Laaksonen, promu leader de la formation helvétique et souvent à l’aise en Coupe Davis. Il s’est imposé 6-2 6-2 6-2 face à un rival non dénué d’atouts offensifs mais qui a commis beaucoup trop d’erreurs. Vainqueur d’un tournoi challenger en Chine la semaine dernière, Laaksonen est en confiance et ne partira pas vaincu dimanche contre Denis Istomin. «Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me préparer, mais je suis en forme et très satisfait de ma performance», a dit le discret joueur d’origine finlandaise.

Bellier résiste

Le numéro 1 ouzbek n’est pas un inconnu en Suisse, car le hasard a voulu qu’il tombe deux ans de suite sur Roger Federer au premier tour des Swiss Indoors de Bâle, en 2013 et il y a deux ans. Les deux fois, il avait offert une belle résistance et ne s’était incliné qu’en trois sets. Cette année, Istomin cherche à procurer à son pays d’adoption – ses racines sont russes – une première participation au groupe mondial de Coupe Davis. Il a assumé son rôle avec sérieux lors de son entrée en lice. Ancien 33e joueur mondial, il est aujourd’hui 113e, toujours bien mieux classé qu’Antoine Bellier, le jeune Genevois qui vient de se hisser au 507e rang du classement ATP.

Istomin l’a sèchement battu 6-3 6-2 6-4, mais ce qui a satisfait le capitaine suisse Severin Lüthi, c’est que le gaucher de 20 ans n’a jamais renoncé: «Le troisième et ultime set, c’est celui où il a le mieux résisté, et c’est un bon point pour lui.» Pour le Genevois, il s’agissait de la première rencontre de Coupe Davis à enjeu de sa carrière et il est clair que cela a joué un rôle dans son état de nervosité. «En début d’année, à Pesaro, j’avais fait mes débuts dans cette épreuve contre l’Italie mais la partie n’avait plus d’importance, et ce n’est pas tout à fait la même chose.»