La Suisse doit battre Chypre. Donc marquer des buts. Très isolé au sein d'une attaque helvétique qui se résumait à sa seule personne, samedi dernier au Stade de France, Alexander Frei devrait avoir davantage de ballons à se mettre sous le crampon, mercredi sur la pelouse du Hardturm. «Il faudra donner du rythme à la partie durant nonante minutes, être forts dans la tête et concrétiser nos occasions», synthétise le buteur du Stade Rennais qui sera, sauf surprise, épaulé aux avant-postes par le jeune Johan Vonlanthen.

Ce dernier, prêté par le PSV Eindhoven à Brescia, où il ne joue guère, se réjouit particulièrement à l'idée d'entamer un match: «Etant donné ma situation en club, cela me fait du bien de retrouver l'équipe nationale, raconte-t-il. Si le coach décide de m'aligner, j'y verrai une possibilité de me montrer, d'aider l'équipe.»

Incarnation exemplaire de l'alchimie trouvée par Köbi Kuhn entre les jeunes et les plus anciens, le duo Frei-Vonlanthen devrait être alimenté par Ricardo Cabanas, posté en soutien. Excellent à Paris dans un rôle plus défensif, le meneur de jeu de Grasshopper sera sans doute préféré à Hakan Yakin. L'ancien stratège de la «Nati», sur le banc de Galatasaray après avoir connu la disgrâce à Stuttgart, jure qu'il est prêt à entamer la rencontre. Mais le sélectionneur devra trancher: «Tout le monde sait ce que Hakan a apporté à l'équipe ces dernières années et il reste une pièce importante, dit Köbi Kuhn. Mais tout le monde connaît aussi la période de doute qu'il traverse en ce moment. Je dois réfléchir à ce propos…»

La logique voudrait que Cabanas soit préféré à Yakin, quitte à ce que ce dernier entre en cours de jeu. Quel que soit le verdict du coach, «tout se jouera dans la tête», comme dit Alexander Frei. Et Köbi Kuhn a tout fait pour que les têtes restent froides: «Après le match en France, tout le monde a eu le temps de redescendre de son petit nuage. C'est pour cette raison que j'ai laissé quartier libre aux joueurs dimanche soir. Maintenant, ils sont prêts.»