Football

Suisse – Portugal, déjà un match à enjeu

Les deux équipes favorites du groupe B s’affronteront sans leur principale star respective, mais avec l’ambition de prendre une option sur la qualification d’entrée

Deux mois après la finale de l’Euro, l’heure de la reprise a sonné. Pour la Suisse et le Portugal, la première étape de la route qui mène au Mondial 2018 en Russie s’apparentera moins aux kilomètres initiaux d’une course cycliste qu’à la première ligne droite d’un Grand Prix de Formule 1. Dans un Parc Saint-Jacques plein, devant des supporters galvanisés par la présence de l’équipe championne d’Europe (qu’ils la soutiennent ou pas), la pression sera bien celle d’une finale plutôt que d’un début de campagne et l’équipe qui réussira le meilleur départ prendra déjà un avantage certain, à défaut d’être décisif, sur la qualification.

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Quel enjeu?

Cette rencontre est déjà capitale dans la mesure où seule la première place du groupe B sera directement qualificative. Huit des neuf meilleurs deuxièmes de groupe disputeront des barrages, tandis que le moins bon sera purement éliminé. En comptant la Russie qualifiée d’office, quatorze équipes européennes participeront au Mondial 2018. Concrètement, cela signifie qu’il était plus aisé d’atteindre les huitièmes de finale de l’Euro en France (seize formations qualifiées). Dans ce contexte, le sélectionneur de la Nati Vladimir Petkovic a affirmé son intention de terminer en tête et le duel contre le Portugal sera primordial pour y parvenir. La Hongrie, en plein renouveau, a de son côté l’ambition de faire de la première place l’enjeu d’un match à trois. La Lettonie, Andorre et les Iles Féroé endosseront le rôle d’arbitres.

Quel Portugal?

La Selecçao n’abordera pas les éliminatoires en pleine possession de ses moyens. Toujours pas remis de la blessure contractée lors de la finale de l’Euro, Cristiano Ronaldo manquera à l’appel. La nouvelle pépite du football lusitanien Renato Sanches (19 ans), nouveau joueur du Bayern Munich et impressionnant cet été en France, ne sera pas là non plus, touché à une cuisse, et le sélectionneur Fernando Santos devra encore faire sans André Gomes. Le milieu de terrain offensif s’est fait mal en fin de semaine dernière contre Gibraltar, lors d’un match amical remporté sans problème (5-0) ni opposition sérieuse, qui n’a pas livré de grands enseignements. Le Portugal sera donc privé de ses stars, mais il avait déjà remporté l’Euro davantage grâce à sa cohésion et son organisation qu’à leurs inspirations.

Quelle Suisse?

La Nati elle aussi sera privée de sa vedette, Xherdan Shaqiri. «C’est un joueur important pour nous, comme Ronaldo l’est pour le Portugal, a soufflé Vladimir Petkovic lundi lors de la conférence de presse d’avant-match. Il faudra compenser son absence. Mais en même temps, ce qui compte avant tout, c’est que l’équipe soit compacte.» Et en la matière, il pourra s’appuyer sur les automatismes acquis en six semaines de rassemblement durant l’été: sa sélection est demeurée quasi inchangée. Breel Embolo devrait vraisemblablement suppléer Xherdan Shaqiri dans sa position d’animateur du flanc droit. Le reste du «onze» de départ semble, comme en France, gravé dans le marbre à une exception près: l’identité de l’attaquant de pointe. A l’Euro, où les deux hommes sont restés muets, Haris Seferovic (trois titularisations en quatre matches) passait bien avant Eren Derdiyok. Mais ce dernier a réussi un bon début de championnat turc avec Galatasaray (deux titularisations, deux buts), alors que le joueur de l’Eintracht Francfort n’est entré qu’à une minute du terme du seul match de son équipe en Bundesliga.

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