Coupe des nations

La Suisse en selle pour une médaille par équipe

Quatrième à Dublin, la Suisse termine la phase qualificative à la première place. Elle aura désormais trois occasions de décrocher enfin un grand titre par équipe

La Coupe des nations est à l’équitation ce que la Coupe Davis est au tennis. Même tradition séculaire (première édition en 1909), même richesse patrimoniale, même capacité à séduire le public mais aussi, depuis quelques années, même désintérêt des meilleurs cavaliers encouragé par la concurrence de compétitions parallèles moins légitimes mais bien plus dotées.

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A Dublin vendredi, la Coupe des nations vivait sa dernière épreuve qualificative, dans une incessante alternance d’averses et d’éclaircies, au son non moins crispant des cornemuses et devant une foule immense massée dans le vieux stade de la RDS Arena. «C’est la Mecque de la Coupe des nations», soulignait le cavalier Scott Brash, vainqueur avec la Grande-Bretagne. Quatrième, l’équipe de Suisse (Steve Guerdat, Barbara Schnieper, Bryan Balsiger, Beat Mändli) termine à la première place de la phase qualificative, ex aequo avec l’Italie mais en tête grâce à sa victoire mi-mai à La Baule. «Ce n’est pas très important mais c’est quand même une belle satisfaction», résumait samedi matin au petit déjeuner le chef d’équipe Andy Kistler.

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Steve Guerdat en moteur de l'équipe 

Tout se jouera début octobre à Barcelone pour la finale. La Suisse espère remporter cette épreuve si chère au cœur de Steve Guerdat. «Il est vraiment le moteur de l’équipe. Sa passion pour la Coupe des nations entraîne tous les autres», souligne Andy Kistler. Sauf accident ou méforme, l’équipe retenue sera celle des championnats d’Europe de Rotterdam (19 au 25 août), composée de: Paul Estermann (Lord Pepsi), Martin Fuchs (Clooney III), Steve Guerdat (Bianca), Niklaus Rutschi (Cardano) et le réserviste Beat Mändli (Dsarie). Avec Guerdat et Fuchs numéros 1 et 4 mondiaux, la Suisse peut viser une médaille. «C’est notre objectif dans toutes les épreuves par équipe, reconnaît Andy Kistler. Je crois que tous nos adversaires aimeraient avoir Steve et Martin. Mais dans notre sport, ce sont souvent les cavaliers 3 et 4 qui font la différence parce qu’ils ont souvent moins de chevaux, peuvent moins les ménager, mettent moins l’accent sur le par équipe. A La Baule, Paul Estermann et Niklaus Rutschi n’ont réalisé que des sans-faute, et il faut ça pour avoir une chance de gagner.»

Si Andy Kistler se montre prudent, c’est parce que l’équipe nationale est souvent repartie déçue des grandes compétitions internationales, la médaille en chocolat autour du cou: quatrième l’an dernier aux Jeux mondiaux de Tryon, sixième en 2016 aux Jeux de Rio, quatrième en 2012 à Londres et 2004 à Athènes. A Pékin en 2008, encore une quatrième place, la disqualification pour dopage de la Norvège avait offert une médaille de bronze tardive à la Suisse. «A Tryon, nous avons été longtemps en tête avant de tout perdre… Rio fut aussi une grande déception. Pour réussir, il faut vraiment faire en sorte que les meilleurs cavaliers puissent se présenter avec leur meilleur cheval dans la meilleure forme», conclut le chef d’équipe. Point positif pour la Suisse: elle est déjà assurée de son billet pour Tokyo l’an prochain et peut concourir sans arrière-pensée.

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