Football

Pour la Suisse, un pas de géant vers l'Euro 2020

Victorieuse de l’Eire mardi soir à Genève au bout d’une prestation sérieuse (2-0), la Nati n’a plus qu’à battre la Géorgie et Gibraltar pour assurer sa participation au grand rendez-vous de l’été prochain

L’équipe de Suisse de football a fait un pas de géant en direction de l’Euro 2020. Mardi soir, elle a disposé de la République d’Irlande sur le score de 2-0 pour garder un contrôle total sur son destin. La donne est claire: si elle remporte ses deux derniers matchs dans le groupe D des éliminatoires, mi-novembre contre la Géorgie puis Gibraltar, elle sera qualifiée pour le tournoi qui se disputera l’été prochain dans douze villes de douze pays différents. Il ne faut ni crier victoire trop vite, ni douter de sa capacité à triompher de ces faibles opposants.

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Sur la pelouse abîmée du Stade de Genève, trois jours après une défaite frustrante au Danemark (1-0), elle a accompli sa mission avec sérieux, sans paniquer malgré l’enjeu. Une défaite et elle aurait été condamnée à transiter par de périlleux barrages pour espérer une qualification in extremis. Mais le milieu de terrain Granit Xhaka l’avait assuré à la veille de la rencontre, la Nati «a l’habitude de gérer la pression». Impossible de lui donner tort au vu de la prestation réalisée. Les jambes n’ont pas tremblé. Les principes de jeu ont été appliqués. Les trois points ont été assurés.

Surtout, les hommes de Vladimir Petkovic ont profité de cette rencontre pour corriger certains de leurs errements récents. Collectivement, ils ont traversé les derniers instants de la partie sans trembler, contrairement à ce qu’il s’était passé au match aller, ou lors des deux confrontations avec le Danemark. Individuellement, Haris Seferovic a enfin inscrit son premier but dans cette campagne qualificative, d’une très belle frappe croisée du gauche (16e) qui a permis aux siens d’aborder la suite avec un peu plus de sérénité. L’attaquant du Benfica Lisbonne aurait ensuite pu marquer son 19e but sous le maillot de l’équipe nationale d’un bon coup de tête (52e) mais le gardien Darren Randolph a réussi à l’en empêcher.

Raté sans conséquence

Les 24 766 spectateurs d’un stade presque comble ont dû patienter jusqu’au bout des arrêts de jeu pour assister au second but, à la suite d’une frappe d’Edimilson Fernandes déviée par le défenseur Shane Duffy. Entre-temps, l’équipe de Suisse avait connu une seconde mi-temps un peu moins sereine. La République d’Irlande s’était décidée à attaquer un peu, à ne pas se débarrasser du cuir trop précipitamment, mais ses limites en matière de construction du jeu ont prémuni le gardien Yann Sommer de véritables menaces, sauf à considérer quelques phases incertaines sur des balles aériennes (lire ci-dessous).

De son côté, la Nati ne s’est pas ménagé énormément d’occasions franches, malgré l’activité appréciable de Breel Embolo et de Haris Seferovic. Comme opportunité de se mettre à l’abri plus tôt dans la rencontre, il n’y a guère eu qu’un penalty accordé à la suite d’une main d’un défenseur adverse, mais l’essai de Ricardo Rodriguez a été détourné par Darren Randolph. Un raté, ce soir-là, sans conséquence.

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«Je suis très content de mon équipe, qui a fait preuve d’une belle fraîcheur mentale et physique. Nous avons poussé, et su contrôler une formation adverse qui se bat très bien», réagissait Vladimir Petkovic après le match. Avec ses hommes, il commence à voir le bout d’une campagne qualificative plus difficile que prévu. Mais se refuse à trop anticiper sur la suite. «Bien sûr que cette victoire était importante, elle nous permet d’aborder la suite avec une certaine positivité. Mais nous devons encore gagner deux matchs, dont un contre la Géorgie qui s’annonce très difficile.» Après tout, l’Irlande et le Danemark ont déjà égaré des points contre la formation du Caucase. Méfiance donc.


Les corners, seuls dangers irlandais

Avant le match, on connaissait déjà la principale arme offensive de l’Irlande: les coups de pied arrêtés. Elle ne s’est pas démentie. Laborieux dans la construction du jeu et délaissant la possession du ballon (56% en faveur de la Nati), les visiteurs n’ont eu que très peu d’occasions sur attaques placées. En revanche, leurs cinq corners furent autant de situations dangereuses aux abords du but de Yann Sommer.

Prévenu, le bloc suisse tout entier s’est recroquevillé dans sa surface de réparation à chaque fois. Pas suffisant pour se sentir en sécurité. A la 30e minute de jeu, un léger cafouillage faisait passer un premier frisson dans les travées du Stade de Genève. Puis, juste avant la mi-temps, la tête de Shane Duffy, laissé seul au point de penalty, terminait sa course directement dans les gants du portier suisse.

En seconde mi-temps, la défense helvète ne se montrait guère plus sereine sur ces situations. Par deux fois (47e, 55e), la Nati a eu du mal à se dégager, sans que l’Irlande puisse en profiter. Le danger revenait une dernière fois en fin de match, toujours sur corner (89e), mais la Nati n’a pas rompu. C’est la première fois depuis le début des éliminatoires qu’elle préserve sa cage vierge face à ses adversaires directs, le Danemark et l’Irlande.

Joachim Gonzalez

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