L’engagement d’Alex Schneiter pour la voile dépasse largement son plaisir personnel sur le circuit des M2. L’homme d’affaires genevois est également fortement impliqué chez Swiss Sailing dont il est membre du conseil d’administration.

Or il souffle un vent nouveau au sein de la Fédération qui a déployé des moyens ambitieux pour développer la formation, l’encadrement et le soutien des jeunes talents. «Je ne sais pas si c’est l’effet Alinghi mais il y a une vague de jeunes vraiment bons qui montent. Il y a une effervescence et la Suisse bénéficie désormais d’une reconnaissance internationale en dériveur chez les 14-15 ans», souligne Schneiter. Ce bon positionnement des Helvètes est la conséquence palpable d’efforts soutenus de la part de Swiss Sailing à plusieurs niveaux.

Les trois étapes clés de la formation espoir – cadre B et cadre A – ont été clairement définies et sont désormais mieux structurées en termes de coaches et de logistique. Schneiter précise: «Un travail important a été réalisé pour trouver des mécènes. Et cette année, nous pouvons compter sur un budget conséquent de plus d’un million de francs. Nous avons décidé de minimiser tout ce qui concerne l’administratif pour allouer l’essentiel de cette somme au soutien direct des athlètes. Nous avons notamment multiplié le nombre de coaches. La relève est fondamentale pour notre sport et la notion d’équipe essentielle aux résultats.»

Pour mieux cibler les jeunes pousses prometteuses, des camps de quatre fois une semaine ont été mis en place pendant l’hiver. Par ailleurs, l’aide logistique aux athlètes sélectionnés à des Mondiaux ISAF (Fédération internationale de voile) a été renforcée. «On met des entraîneurs et des bateaux à leur disposition. On travaille également le concept de team building en les faisant naviguer sur des D35 et des M2. C’est l’occasion pour eux de vivre une expérience différente et de se frotter à des navigateurs professionnels.» Pour Alex Schneiter, Swiss Sailing peut aussi compter sur une meilleure collaboration entre les clubs.

Toutes ces mesures créent une nouvelle dynamique au sein de Swiss Sailing. Qui pourrait peut-être déjà porter ses fruits cet été aux Jeux olympiques. Trois équipages ont déjà obtenu leur ticket pour Londres: la Fribourgeoise Nathalie Brugger en Laser Radial, le duo alémanique Flavio Marazzi et Enrico de Maria en Star et le véliplanchiste Richard Stauffacher. Et il semble que la paire formée par Romuald Hausser et Yannick Brauchli en 470 soit sur la bonne voie. Schneiter croit en une chance réelle de médaille. «Ce serait une bonne chose pour toute la communauté voile en Suisse. Marazzi et De Maria évoluent dans le top 5 mondial et Nathalie Brugger a beaucoup de potentiel.» Ces deux équipages ont déjà participé à la grand-messe olympique. Un avantage psychologique.