C’est l’effervescence autour de la cage de Yann Sommer. Ou plutôt: la cage que s’apprête à garder Yann Sommer face à la Lituanie.

Comme tous ses coéquipiers et leurs adversaires, le gardien de la Nati est encore au vestiaire pendant que se déroule un drôle de ballet sur la pelouse du Kybunpark de Saint-Gall. Ça tire sur les filets. Ça prend des mesures. Ça se gratte la tête. Et ça finit par se résoudre à l’évidence: la latte est plus haute de quelques centimètres d’un côté que de l’autre. Alors une équipe file chercher un cadre de rechange pendant qu’une autre démonte celui qui est en place. Situation tragicomique résumée avec humour et à-propos par Philippe von Burg, journaliste à la RTS, sur Twitter:

L’épisode, qui étonnerait moins dans les ligues inférieures que lors d’une rencontre internationale, finit par trouver son épilogue et le match peut commencer, avec un gros quart d’heure de retard. Quelques dizaines de secondes plus tard, la défense balte cafouille une relance, Breel Embolo capte le cuir et le transmet à Xherdan Shaqiri qui frappe en première intention.

C’est propre, c’est net, ça fait 1-0 et – on le découvrira une heure et demie plus tard – le score ne bougera plus. Trois jours après avoir lancé sa campagne qualificative pour la Coupe du monde 2022 par un succès en Bulgarie ficelé en trois buts et douze minutes, l’équipe de Suisse fait plus expéditif, et plus sobre. L’essentiel tient en quatre mots: deux matchs, six points.

Que disent ces victoires?

En réalité, les hommes de Vladimir Petkovic auraient pu marquer plus de buts. Il s’en est fallu d’un rien, tiens, une latte quelques centimètres plus haute par exemple, sur une belle tête de Manuel Akanji (9e). Une frappe à peine moins croisée de Haris Seferovic (34e). Une frappe à peine plus croisée de Denis Zakaria (72e). Une reprise plus appliquée d’Edimilson Fernandes (91e).

Le positionnement dans l’axe de Xherdan Shaqiri amène son lot de situations dangereuses dans les vingt derniers mètres. Mais les difficultés à la conclusion demeurent un souci récurrent pour ses coéquipiers.

Pour le coup, il n’y a pas grand-chose à regretter puisque le but de la victoire avait déjà été inscrit, et que de l’autre côté du terrain, Yann Sommer n’a jamais été inquiété. Il aurait pu passer le match à recontrôler la hauteur de sa latte que personne ne s’en serait rendu compte. La Lituanie a livré un match sérieux et appliqué, avec ses armes, mais celles-ci étaient insuffisamment effrayantes pour menacer la sérénité suisse.

Que préfigurent les deux victoires de 2021?

Tout au long de l’année 2020, la Nati s’est montrée incapable de vaincre sur le terrain d’adversaires comme l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique. Ses deux premiers matchs en 2021 suggèrent qu’elle ne l’est pas davantage de perdre contre des contradicteurs de seconde catégorie.

Question: qu’est-ce que ces victoires préfigurent des performances envisageables face à une concurrence plus féroce? La réponse arrivera très vite. Il ne reste plus que trois matchs amicaux avant l’Euro (la Finlande mercredi, les Etats-Unis et le Liechtenstein dans deux mois). Puis les éliminatoires pour la prochaine Coupe du monde se poursuivront avec notamment deux rencontres contre l’Irlande du Nord et autant face à l’Italie. C’est lors de ces prochaines échéances que la Suisse devra se montrer à la hauteur.