Football

Suisse-Panama 6-0, c’est bon pour le moral

La Nati clôt son dernier rassemblement avant la Coupe du monde par un succès sans appel contre une équipe certes qualifiée pour le tournoi russe, mais extrêmement faible. Peu importe: certains joueurs en ont profité pour se montrer

«A quoi bon?» La question pouvait se poser à la mi-temps du match disputé par l’équipe de Suisse vendredi dernier à Athènes. Peu de public dans les tribunes. Peu d’engagement sur le terrain. Peu d’enseignements au final. Alors, à quoi bon s’infliger ce genre de match, aux deux tiers d’une saison éreintante que viendra encore prolonger – le plus longtemps possible – la Coupe du monde en Russie?

Pour ceux qui sont assurés d’être du voyage (il y en a beaucoup) et a fortiori pour ceux qui sont assurés d’être sur le terrain le 17 juin contre le Brésil, pour le premier match de la Nati, la question demeure peut-être. Les autres, ceux qui doivent convaincre qu’ils ont leur place dans le groupe ou qu’ils peuvent faire la différence sur le terrain, répondent qu’un match international est une opportunité à saisir. Ce sont ceux-là, en majorité, que Vladimir Petkovic a alignés mardi soir à Lucerne contre le Panama.

Gavranovic en évidence

Ils n’ont pas ménagé leurs efforts. Score final: 6-0. Une telle victoire à deux mois et demi d’un grand tournoi, c’est forcément bon pour le moral. Le risque de se voir trop beaux après un tel festival, inédit depuis le 7-0 infligé à Saint-Marin en octobre 2015? Minime. Les joueurs ne sont pas dupes; ils savent bien qu’ils n’ont pas triomphé d’une grande nation du football mais d’un invité surprise au Mondial russe qui, au vu de sa prestation de ce mardi soir, aura mille peines à s’extirper d’un groupe partagé avec la Belgique, l’Angleterre et la Tunisie.

Encore fallait-il savoir profiter de cette rencontre, et les hommes de Vladimir Petkovic n’y ont pas manqué. Ils ont monopolisé le ballon tout au long de la rencontre et, même lorsque les buts s’enchaînaient à intervalles réguliers (25e, 30e, 33e, 39e, 49e, 68e), ils ont continué à attaquer. Car beaucoup, sur le terrain, avaient davantage à gagner que le simple prestige de la victoire.

A la pointe de l’attaque, par exemple, Haris Seferovic conserve la confiance du sélectionneur, mais comme il marque peu en équipe de Suisse et qu’il ne joue plus au Benfica, ses concurrents savent qu’ils ont un coup à jouer. Mario Gavranovic, titularisé contre le Panama, ne s’en est pas privé. Il a donné une passe qui aurait pu être décisive à Breel Embolo dès la cinquième minute de jeu. Il a délivré plusieurs autres caviars en première mi-temps. Il a marqué au retour des vestiaires le 5-0. L’attaquant de Rijeka, en Croatie, a à coup sûr inscrit des points aux yeux de Vladimir Petkovic.

Deux bonnes parades de Bürki

Steven Zuber, lui aussi, s’est démené pour montrer qu’il était une alternative crédible aux premiers choix sur les ailes avec un but (39e, service de Gavranovic) et surtout beaucoup de mouvement. A l’autre extrémité du terrain, Roman Bürki – titularisé à la place de Yann Sommer – aurait sans doute aimé se révéler indispensable lui aussi. Mais les maigres arguments offensifs du Panama ne lui ont laissé que deux occasions de se mettre en évidence (26e et 45e).

Dans deux mois, les joueurs de l’équipe de Suisse se rassembleront pour la dernière ligne droite vers la Coupe du monde. Vladimir Petkovic convoquera sans doute une trentaine d’hommes, dont il retiendra les 23 meilleurs pour le voyage en Russie. Au moment d’arrêter ses choix, peut-être aura-t-il une pensée pour ceux qui, un soir de mars sous la pluie lucernoise, ont mouillé le maillot contre le Panama. Alors ils ne l’auront pas fait pour rien.

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