Nation phare dans l'histoire du cyclisme, la Suisse a brillé par sa discrétion sur le Tour du centenaire. La formation Phonak ayant été recalée avant même le départ, ils n'étaient que cinq à représenter les couleurs helvétiques sous la Tour Eiffel le 5 juillet dernier. Hier sur les Champs-Elysées, on n'en comptait plus que trois, puisque le Gruérien Pierre Bourquenoud (Jean Delatour), trop tendre, et le Bernois Sven Montgomery (Fassa Bortolo), dont les intestins ont flanché, ont abandonné pendant et avant la 8e étape, celle qui menait à l'Alpe-d'Huez.

Markus Zberg (Gerolsteiner), 92e au classement général, n'a quant à lui jamais flairé le bon coup. A 29 ans, l'Uranais, vainqueur de deux étapes sur la Vuelta en 1998, plafonne.

Pour son premier Tour, Steve Zampieri (Caldirola) en a bavé. Proche de l'abandon lors du premier volet pyrénéen (13e étape), le Neuchâtelois, 87e au général, a montré son meilleur visage le lendemain à Loudenvielle, parvenant à suivre Alexandre Vinokourov et Iban Mayo dans le final et terminant à la huitième place.

C'est le même jour que Laurent Dufaux (Alessio), 21e au classement final, a failli fêter son deuxième succès d'étape sur la Grande Boucle après celui de 1996 à Pampelune. Déjà bon septième à Morzine (7e étape), à quatre grosses minutes de Richard Virenque, le Vaudois a manqué d'un soupçon d'énergie pour devancer Gilberto Simoni sur la ligne. «C'est dommage, mais je pense avoir montré que je suis encore capable de me hisser parmi les meilleurs, dit-il. J'aimerais aller jusqu'aux Jeux olympiques d'Athènes et je suis prêt à maintenir ce niveau l'année prochaine. L'aventure Alessio pourrait se poursuivre, mais j'ai d'autres contacts. Une décision interviendra d'ici à la fin du mois d'août.»

A 34 ans, Laurent Dufaux, proche de la retraite, est encore ce qui se fait de mieux en matière de cyclisme helvétique. Inquiétant.