Qu’y a-t-il de pire que de perdre un match décisif sans marquer le moindre tir au but de la séance fatidique, comme la Suisse l’a fait contre l’Ukraine en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006? S’incliner suite à un tirage au sort. C’est une possibilité qui existe, toujours contre l’Ukraine, dans le cadre de la Ligue des nations.

La rencontre entre les deux équipes, à la lutte contre la relégation en deuxième division de la compétition, n’a pas pu se dérouler comme prévu ce mardi soir à Lucerne. La sélection d’Andreï Shevchenko tout entière a été placée en quarantaine par le médecin cantonal, suite à quatre cas de contamination au Covid-19 apparus dans le groupe (trois joueurs et un préparateur physique) lors d’une série de tests effectués au matin de la partie. La veille, trois footballeurs de l’équipe avaient déjà été déclarés positifs à leur arrivée en Suisse.

Chaîne de responsabilité

Le protocole de retour au jeu établi par l’UEFA est pourtant pensé de manière à ce qu’une formation puisse se contenter de mettre à l’isolement les individus touchés, et poursuivre ses activités avec ses éléments en bonne santé. Mais les autorités sanitaires lucernoises en ont décidé autrement. Dans leur communiqué, elles précisent que «toutes les décisions relatives au match sont de la compétence de l’UEFA».

Pour se maintenir dans l’élite de la Ligue des nations, la Suisse devait s’imposer 1-0, 2-1 ou par un minimum de deux buts d’écart. Elle se trouve désormais suspendue aux décisions de l’instance européenne. Son règlement prévoit qu’une partie qui ne peut se dérouler soit reportée ou soldée par un forfait de l’équipe responsable de la situation. Mais aussi que si les deux équipes sont responsables, ou qu’aucune des deux ne l’est, le résultat peut être déterminé par un tirage au sort entre trois options: 1-0, 0-0 ou 0-1.

Il aurait été possible de jouer le match mercredi, mais la Fédération ukrainienne s’est déclarée dans l’incapacité de réunir une «autre» équipe. Il reste donc à définir la chaîne des responsabilités de l’annulation du match. Et ce ne sera pas simple. Le médecin cantonal, formellement, ne l’a pas prononcée: il a placé la formation ukrainienne en quarantaine. Les deux associations nationales, elles, se sont déclarées prêtes à jouer selon les termes du protocole de l’UEFA. Alors à qui la faute? Une chose est sûre: si le scénario du tirage au sort est retenu, la Nati aura deux chances sur trois d’être reléguée.

Le précédent Roumanie-Norvège

Les Ukrainiens n’en sont pas à leurs premiers démêlés avec le virus. Quatre joueurs avaient déjà été contrôlés positifs avant leur défaite en Allemagne samedi (3-1). En octobre, le groupe avait aussi été décimé avec de nombreux cas positifs avant un match amical contre la France. Mais c’est la première fois qu’une de leurs confrontations ne peut avoir lieu.

En revanche, le cas de figure n’est pas complètement inédit pour l’UEFA, qui a déjà vu atterrir sur son bureau le dossier du match Roumanie-Norvège, qui aurait dû se dérouler dimanche. Les Scandinaves, placés en quarantaine par leur Ministère de la santé avant leur départ suite au test positif d’un des leurs, n’avaient pu voyager comme prévu. Aucune décision n’a encore été prise quant au résultat de cette partie de Ligue des nations, elle aussi cruciale pour l’avenir des deux équipes dans la compétition. La main est à l’Instance de contrôle, d’éthique et de discipline de l’UEFA.