Il espérait prendre le large. S’assurer un matelas de sécurité suffisamment confortable pour ne pas avoir à trembler samedi entre les piquets. Mais Carlo Janka n’a pas assuré en super G jeudi matin. Et sa onzième place – dans une course qui a vu la victoire du Canadien Erik Gay – a fait fondre une partie l’avance qu’il avait construite la veille sur son rival Benjamin Raich. Sixième du super G, l’Autrichien est revenu à 38 points du Grison au classement général de la Coupe du monde. «J’espérais augmenter mon avance aujourd’hui, mais je n’ai pas fait une bonne course. Je n’ai pas pris assez de risques, confie Janka. Demain, il y a le géant et j’ai une bonne chance de marquer beaucoup de points.» De son côté, Benjamin Raich prend avec philosophie son nouveau rôle de chasseur. «J’étais surpris de la victoire de Carlo en descente hier (mercredi), reconnaît l’Autrichien. J’aurais préféré lui passer devant au classement général aujourd’hui après le super G. J’ai poussé à fond, mais ce n’était pas facile de trouver le bon feeling dans ces conditions de neige. Mais avec ma sixième place, je lui ai repris quelques points, c’est l’essentiel. J’ai encore deux courses pour passer devant, je vais faire tout ce qui est en mon possible.»

Il faudra certainement attendre le slalom de samedi pour savoir qui de Janka ou de Raich soulèvera le gros globe de cristal couronnant le meilleur skieur de cette saison 2009-2010. Le géant de vendredi pourrait déjà livrer quelques indices, mais rien n’est moins sûr puisque les deux prétendants au trône font partie des favoris. Or s’ils se retrouvent quasiment à égalité de points avant l’ultime épreuve, les chances du Suisse seront minimes vu son manque d’expérience entre les piquets. «J’essaierai de marquer quelques points en slalom, mais ce sera très difficile», avoue Janka. Le jeune prodige d’Obersaxen sait qu’il doit absolument sortir le grand jeu vendredi en géant. Un exploit qui est tout à fait à la portée de ses spatules de champion du monde et olympique de la discipline.