Il n’y aura pas, ce dimanche dans les tribunes du Stade de Genève, un match de l’animation entre la Section Grenat et les ultras du FC Bâle. La Swiss Football League (SFL) a annoncé ce mercredi la fermeture des secteurs visiteurs pour les deux dernières journées de l’année dans les championnats de Super League et de Challenge League.

Le comité de l’instance a pris cette décision en conséquence de la situation épidémiologique, qualifiée dans un communiqué de «très tendue», avec «un risque élevé de dépassement du seuil critique de charge des unités de soins intensifs» qui nécessite «une réduction forte et rapide des contaminations».

Consciente que le football doit assumer sa part de responsabilités, la SFL a donc décidé de prendre les choses en main avec la mesure qu’elle juge le moins dommageable pour ses intérêts (notamment économiques).

Un autre contexte

En attendant de suivre l’exemple de la Ligue nationale de hockey sur glace qui a adopté la règle des «2G» la veille, et en redoutant une nouvelle limitation du nombre de spectateurs autorisés dans les stades, elle prive donc les équipes en déplacement de leurs fans organisés. Cette mesure avait déjà accompagné un premier retour du public au stade en septembre 2020 après des mois de huis clos.

Justification sanitaire? «La plupart du temps, les supporters se rendent en grand nombre aux matchs à l’extérieur par des trains spéciaux. Dans la situation épidémiologique actuelle, de tels déplacements ne peuvent plus être justifiés», écrit la SFL.

Mais cette décision s’inscrit dans un autre contexte, celui de la violence dans les stades de football suisses. Plusieurs incidents impliquant des supporters ont cette saison perturbé la tenue de rencontres de Super League. A la fin du mois d’octobre, elle lançait «la discussion» autour de l’interdiction des secteurs visiteurs non pas pour enrayer la propagation du Covid-19, mais l’épidémie de débordements observée les semaines précédentes.

Mesures impopulaires

Le 19 novembre dernier, la thématique était de toutes les conversations en marge de l’élection d’un nouveau président pour la Swiss Football League. Fraîchement désigné, l’avocat lucernois reconnaissait «une grosse pression politique sur le thème de la sécurité». Le directeur général de l’instance, Claudius Schäfer, le soulignait aussi: «Dans nos stades, tout le monde doit se sentir à l’aise, y compris les femmes et les enfants, et il n’y a donc pas de place pour la violence. Sinon, notre produit est en danger. Quand on parle d’un derby, on doit penser à de la joie, pas à de l’insécurité.»

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La fermeture des secteurs visiteurs, qui touche le mouvement ultra au cœur de ses activités, horripile les personnes concernées. Elles ne sont pas plus favorables à une autre mesure envisagée, voire imminente selon certaines sources: la généralisation des billets nominatifs pour assister aux matchs.

La Swiss Football League, qui souligne qu’«il faut s’attendre à d’autres mesures de renforcement du concept de protection dans les prochains jours ou semaines», conclut son communiqué sur la fermeture des secteurs visiteurs en précisant qu’elle n’a pris là qu’une décision «à court terme». La suite dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique et du travail, mené «intensivement avec tous les groupes d’intérêts», destiné à «trouver une stratégie largement soutenue pour lutter contre la problématique de la violence lors des matchs de football».