Ça va bien, pourvu que ça dure. Tel est, en substance, le bilan tiré par Roger Brennwald, directeur des Swiss Indoors qu'il a créés en 1970. Plus grosse manifestation sportive du pays avec ses 16 millions de francs de budget, le rendez-vous bâlois, qui établit cette année un nouveau record de fréquentation avec 70900 spectateurs, s'apprête à changer d'époque: sur un circuit ATP remanié en 2009, il aura le privilège d'appartenir aux «500», catégorie de tournois placée derrière les quatre Grands Chelems et les neuf «1000» - ex-Masters Series - dans la hiérarchie. Pour la prochaine édition, la 40e, le prize-money passera de 891000 à 1,75 million d'euros.

Moins de concurrence

«Non seulement nous avons survécu à une féroce concurrence ces dernières années, mais en plus, nous ne cessons de prendre de l'importance», se réjouit le patron. «Mais il faudra redoubler d'efforts afin de garder les dépenses sous contrôle.» Les Swiss Indoors 2009, qui auront lieu la première semaine de novembre, ne souffriront plus de la concurrence directe des tournois de Lyon et Saint-Pétersbourg. «Cela nous permettra sans doute d'attirer quelques stars du tennis français et du bloc de l'Est», espère Roger Brennwald. Le rival se nommera désormais Valence, avec son nouveau complexe devisé à 500 millions.

Le «festival Federer»

Question infrastructures, le patron rhénan exprime ses doléances, comme chaque année: «On ne peut plus se permettre d'investir 3 millions de francs par édition dans des infrastructures provisoires», prévient-il en dirigeant son appel du pied vers les autorités publiques. «Il ne s'agit pas de quitter la Halle Saint-Jacques ou de construire une nouvelle salle, mais notre capacité d'accueil pour les joueurs et le public doit être améliorée. Nous devons lutter face à la concurrence de métropoles comme Shanghai, Pékin, Acapulco ou Barcelone.»

Autre motif d'inquiétude pour l'avenir, la dépendance des Swiss Indoors à un seul être: «Le tournoi ressemble de plus en plus à un festival Federer et nous devons réagir à ce phénomène», constate le directeur. «J'ai le sport dans le sang et ça me fait mal quand il n'y a que 500 spectateurs pour assister à une rencontre entre les têtes de série numéros 7 et 11.» Et si l'homme qui incarne et porte aujourd'hui le tournoi devenait, à terme, un handicap? «Nous y pensons et je me dis que de nouvelles étoiles tomberont du ciel», conclut Roger Brennwald. Tout va bien, pourvu que ça dure...