Il se dit «dans la forme de sa vie». Les spectateurs de la 88e édition de la course de Morat-Fribourg ont pu le constater dimanche lorsque Tadesse Abraham a franchi la ligne d’arrivée, en tête, après 52’50'' d’effort et un peu plus de 10 secondes d’avance sur le second, le Kényan Erick Leon Ndiema.

Pour ce Genevois de 40 ans, c’est la preuve que son entraînement en vue du marathon de New York qui aura lieu le 6 novembre a porté ses fruits. Cette performance vient par ailleurs confirmer celle établie il y a deux semaines à Copenhague où il est devenu le 2e Suisse à courir un semi-marathon en moins d’une heure (59’53'').

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Après 2016 et 2018, Tadesse Abraham a remporté Morat-Fribourg pour la 3e fois de sa carrière. Le parcours, qui commémore la victoire des Confédérés sur Charles le Téméraire à Morat en 1476 et rend hommage au messager qui l’a couvert au pas de course pour annoncer, haletant, une branche de tilleul à la main, le succès à Fribourg, comporte une célèbre montée aussi redoutée qu’admirée par ceux qui s’apprêtent à l’affronter.

Marquer l’écart dans la légendaire montée

La Sonnaz commence avant le douzième des 17,170 kilomètres du parcours. C’est une pente d’un peu plus d’un kilomètre qui commence entre le 11e et le 12e des 17,170 kilomètres du parcours. Les coureurs l’abordent après une longue descente débutée à Courtepin. On la décrit comme un mur qui s’élève soudain sous les semelles après un virage à gauche. Il faut d’abord affronter une première pente très raide, puis un faux plat en montée qui mène aux deux lacets qui font toute sa légende.

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C’est précisément dans ce tronçon que Tadesse Abraham a choisi de se démarquer. Une accélération dès les premières pentes lui a permis de durcir la course et de créer un petit écart, une autre dans la seconde partie a fini le travail. Il ne lui restait plus qu’à tenir le rythme le long des quelque quatre derniers kilomètres et de s’emparer, comme le veut la tradition, d’une branche de tilleul.