Le son rond et creux des balles que l’on frappe, celui râpeux d’une glissade en fond de court, l’odeur de l’eau en pluie qui colle à la terre battue au soleil de midi; le tennis est de retour avec l’été et c’est un bonheur des sens que l’on avait oublié.

La vie d’avant revient lentement sur les installations du TC Mail, en surplomb de la gare de Neuchâtel. Elle revient presque comme avant; en mieux. Crise sanitaire oblige, les meilleurs joueurs et joueuses du pays ont un urgent besoin de compétition. Ils peuvent rejouer, pas encore voyager, alors Swiss Tennis a organisé pour eux la série-N, un enchaînement de six épreuves qui s’achèvera les 25 et 26 juillet à Bienne par une compétition par équipes où l’on espère les retours de Patty Schnyder et Martina Hingis.

«Niveau international»

Après Bienne la semaine passée, Neuchâtel accueille, de ce mercredi à samedi, la deuxième étape. Les tableaux masculins et féminins ressemblent à des sélections de Coupe Davis (Marc-Andrea Hüsler, Johan Nikles, Jakub Paul, Jérôme Kym; Henri Laaksonen s’est retiré) et de Fed Cup (Viktorija Golubic, Jil Teichmann, Stefanie Vögele et les prometteuses Lulu Sun et Leonie Küng).

Présidente du TC Mail et directrice du tournoi, Catia Schalch n’en revient pas de l’aubaine. «C’est un plateau d’un niveau international! Et comme il va faire beau, ce sera parfait.» Le prize money, fixé à 15 000 francs, a été monté à 20 000 francs. «Grâce principalement à Swiss Tennis et à nos sponsors, qui veulent donner un coup de main à nos meilleurs joueurs», souligne la directrice.

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«Un joueur de tennis doit faire preuve de flexibilité»

Trois têtes d’affiche sont présentes pour la conférence de presse qui a attiré loin à la ronde un nombre inhabituel de médias: Conny Perrin (N1/8, 236e mondiale), qui vient d’être élue au nouveau conseil des joueuses de la Fédération internationale (ITF), Damien Wenger (N1/8, 797e à l’ATP) et Mirko Martinez (N2/19, 978e), le vainqueur de la première étape de Bienne.

Ils racontent leur confinement. Conny Perrin et Mirko Martinez en ont profité pour donner des cours de tennis, une manière de gagner un peu d’argent en posant un autre regard sur leur pratique. «Cela m’a permis de jouer sans pression», s’étonne Mirko Martinez. Damien Wenger est resté chez ses parents, il n’a pas dépensé d’argent en frais de déplacement et de logement, mais il n’en a pas gagné non plus dans les tournois Future ou les Interclubs en Allemagne.

Aucun ne s’apitoie sur son sort. «Un joueur de tennis doit faire preuve de flexibilité parce qu’il est constamment obligé de s’adapter. On ne sait même pas à quelle heure on va jouer», expliquent-ils. Bien sûr, le fiasco de l’Adria Tour est dans toutes les têtes. «Ce n’est pas une bonne image pour le tennis, concède Conny Perrin. Néanmoins, d’autres épreuves ont eu lieu sans problème et cela a rappelé à ceux qui en doutaient les risques en cas de négligence.»

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