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Salvador Bilardo, le 13 juin 1993 
© JULIO MUNOZ

1 pays, 1 poste (7/7)

Le «técnico» argentin, la folie maîtrisée

Menotti, Bilardo, Bielsa, Simeone: les entraîneurs argentins sont très différents mais possèdent tous une personnalité affirmée et un style très identifié. Dans ce pays fou de football mais très individualiste, il faut être un leader charismatique pour convaincre

Une série en 7 épisodes

Les gardiens allemands, les défenseurs italiens, les latéraux brésiliens, les numéros 10 français… Pourquoi certains footballs ont-ils souvent produit des joueurs d’exception à un poste précis? Depuis le 28 avril, Le Temps a exploré chaque samedi les relations sportives, historiques et culturelles qui lient un pays à un poste. Place désormais à la Coupe du monde!

C’est un record. Ils seront cinq entraîneurs argentins à la Coupe du monde: Juan Antonio Pizzi avec l’Arabie saoudite, Héctor Cúper avec l’Egypte, Ricardo Gareca avec le Pérou, José Pékerman avec la Colombie et bien sûr Jorge Sampaoli avec l’Argentine. Ils étaient dix Argentins parmi les 13 sélectionneurs en fonction durant les éliminatoires de la zone Conmebol (Amérique du Sud). Outre Gareca, Pékerman et Sampaoli, Ramon Diaz, Tata Martino, Edgardo Bauza, Juan Antonio Pizzi, Gustavo Quinteros, Jorge Celico et Angel Hoyos ont dirigé, même brièvement, une sélection ces dix-huit derniers mois.

La saison prochaine, ils seront au moins cinq entraîneurs argentins à commencer la Liga espagnole: Diego Simeone à l’Atlético Madrid, Eduardo Berizzo à Bilbao, Mauricio Pellegrino à Leganés, Leo Franco à Huesca, Antonio Mohamed au Celta Vigo. On parle également de Mauricio Pocchetino au Real Madrid.

La figure du director técnico argentin est omniprésente dans le football moderne. Sur les bancs de touche comme dans les esprits. Pochettino, Simeone, Sampaoli, sont parmi les entraîneurs les plus observés du moment, comme avant eux Pékerman, Cúper, Carlos Bianchi, Alfio «Coco» Basile, Jorge Valdano. D’autres, encore plus renommés, ont marqué leur époque et créé consciemment ou non un courant de pensée, une idéologie, une philosophie de jeu. On se dit menottista, comme César Luis Menotti, champion du monde 1978, ou bilardista, en signe d’allégeance à Carlos Bilardo, champion du monde 1986. Plus de trente-cinq ans après une brouille sans doute plus personnelle qu’autre chose, les deux camps s’opposent et s’invectivent encore sur les réseaux sociaux avec beaucoup de virulence et pas mal de mauvaise foi. Mieux vaut-il avoir tort avec Menotti que raison avec Bilardo?

Marcelo Bielsa, lui, n’a pas gagné de Coupe du monde, mais il divise tout autant: génie pour les uns, vendehumo («vendeur de fumée») pour les autres, le gourou de Rosario intrigue, éblouit, inspire, exaspère. Ses anciens clubs (Newell’s, Bilbao, Marseille) tissent des liens, ses anciens joueurs (Pochettino, Berizzo, Aimar, Gallardo) deviennent de brillants entraîneurs.

Le pèlerinage de Guardiola

L’Argentine est sans doute le pays le plus obsédé par le football. Et l’entraîneur est sans conteste le personnage qu'il obsède le plus dans le milieu. Là-bas, on l’appelle «Maestro», «Doctor», «Profesor». Son aura quasi mystique fascine même Pep Guardiola. En 2006, juste avant de révolutionner le jeu avec le FC Barcelone, l’entraîneur catalan est venu deux fois en Argentine rencontrer César Luis Menotti et Marcelo Bielsa, deux entraîneurs qu’il considère comme des références. Sa charla (discussion) avec Bielsa dure onze heures!

C’est presque un pèlerinage. Guardiola vient à Buenos Aires comme d’autres vont à La Mecque ou à Bénarès. Parmi ses influences, le Catalan cite également Angel Cappa, Jorge Valdano, Ricardo La Volpe. Tous Argentins. Le journaliste Vicente Muglia a consacré un livre, Che Pep, à cette connexion. «Même s’il voit notre football comme celui du dribble plus que de la passe, il a toujours eu une attirance pour l’Argentine. Un de ses amis m’a dit: «Pep n’était pas par hasard dans la vie avec les Argentins, il les cherchait.» Son emprunt le plus évident est la Salida Lavolpiana, la sortie de balle au sol, élaborée par Ricardo La Volpe avec l’équipe nationale du Mexique. Il l’a reprise ensuite au Barça. Mais comme me l’a dit Menotti: «Pep n’est pas venu en Argentine pour apprendre, il savait déjà tout.» Ce qu’il voulait, c’était échanger, discuter, s’enrichir au contact d’entraîneurs de même courant que lui mais plus expérimentés.»

Pour comprendre le phénomène du director técnico argentin, il faut expliquer le rapport très particulier du pays au ballon rond. Le fútbol est plus qu’un sport, comme le tango est plus qu’une danse et l’asado plus qu’une grillade. C’est à la fois un marqueur identitaire et le dernier signe de grandeur d’un pays qui s’est rêvé en nouvelle superpuissance après la Seconde Guerre mondiale, et d’une ville qui s’est crue le Paris de l’Hémisphère Sud. Les rêves, les échecs, ce qu’on emporte et ce qu’on laisse: c’est toute l’histoire de l’immigration que le football argentin charrie dans ses filets.

Le football, un service public

Les autres Sud-Américains se plaisent à décrire l’Argentin comme «un Italien qui parle espagnol et se prend pour un Anglais». C’est vrai pour le football, où l’hincha (le supporter) conjugue la passion déraisonnable des Latins avec l’attachement intime à un club des Britanniques. Les leurs ont souvent des noms anglophones: Newell’s Old Boys, River Plate, Arsenal de Sarandi, Racing, Boca Juniors. «Le football est la seule identité stable dans ce pays», constate l’écrivain Eduardo Sacheri, supporter d’Independiente, comme son père et son fils. «Chez nous, quand on rencontre quelqu’un, il ne faut pas plus de cinq minutes pour lui demander s’il est de River ou de Boca, sourit l’ancien buteur Nestor Subiat. Bien souvent, un geste de la main suffit: un trait oblique, c’est River, un trait horizontal Boca.»

Chez nous, quand on rencontre quelqu’un, il ne faut pas plus de cinq minutes pour lui demander s’il est de River ou de Boca. Bien souvent, un geste de la main suffit: un trait oblique, c’est River, un trait horizontal Boca.

Nestor Subiat, footballeur

Le football est omniprésent en Argentine. «Tout le monde parle de ça et tout le monde peut vous en parler bien, soupire Guillermo Salatino, célèbre journaliste radio argentin. Moi-même, je suis surtout un journaliste de tennis, mais j’anime une émission de radio où je reçois Batistuta, Ruggeri, Fillol.» Buenos Aires compte 14 équipes de première division et 36 stades de plus de 10 000 places. L’été, les équipes se déplacent à Mar del Plata, où la majorité des porteños (les habitants de Buenos Aires) passent leurs vacances. De 2009 à 2015, le gouvernement Kirchner a dépensé des fortunes dans un programme baptisé Fútbol para todos pour racheter les droits télévisés du championnat national, faisant du football un bien public.

Dans les années 1990, Jorge Valdano avait affirmé, dans une célèbre discussion avec l’écrivain Manuel Vazquez Montalban, qu’il existait «un football de gauche, libre et créatif, et un football de droite, de pure force, tricheur et brutal.» En 2000, l’ancien sélectionneur Carlos Bilardo a même cru avisé de se présenter à l’élection présidentielle. L’actuel locataire de la Casa Rosada, Mauricio Macri, fut longtemps président de Boca Juniors, club opportunément surnommé la mitad mas uno (la moitié plus un, c’est-à-dire la majorité). C’est dans ce contexte unique au monde qu’évolue l’entraîneur argentin.

«Le football nous attrape pour le meilleur et pour le pire»

Confronté à une telle charge émotionnelle, une telle exigence, une telle pression, il ne peut qu’être très bon. «Ici, depuis tout petit, le football nous attrape et il nous tient pour le meilleur et pour le pire pour le restant de notre vie, explique Diego Borinsky, journaliste vedette de la revue El Gráfico. Il est très important dans la vie quotidienne des gens. Il y a autant de sélectionneurs que d’habitants. Et je pense que c’est ce qui fait la différence, parce que vivre si intensément le football nous fait observer, apprendre, demander, comprendre.»

L’autre grande caractéristique de l’Argentine est de générer de très fortes personnalités. Le 31e pays le plus peuplé au monde a fait don à l’humanité d’un nombre considérable d’icônes planétaires: Carlos Gardel, Evita Perón, Che Guevara, Juan Manuel Fangio, Jorge Luis Borgés, Diego Maradona, le pape François, Lionel Messi. Un Argentin s’inquiétera moins que son enfant soit sans diplôme plutôt que sans personnalité.

Regardez Simeone, Bielsa, Menotti, Bilardo: ce sont d’abord des personnages dotés de très forts caractères. «Des leaders, avec une forte présence et un charisme personnel qui les rend attractifs, observe Eduardo Sacheri. C’est d’autant plus paradoxal et remarquable que notre pays est connu pour l’individualisme de ses habitants. Il nous est extraordinairement compliqué de nous comporter en équipe et d’additionner nos efforts. Mais dans ce pays chaotique, anarchique, égotique, égoïste, nous avons été capables de générer des leaders footballistiques.»

Pas de retour possible

Pour l’ancien attaquant de la Selección Hernán Crespo, l’explication de ce mystère est géographique. «Il faut réfléchir à combien il est difficile pour un Argentin de se distinguer dans ce qu’il fait, souligne l’ex-buteur de Parme et de l’AC Milan. Parce que, littéralement, l’Argentin part de très loin. Dans tous les sports, la F1, le tennis, le basket, le golf, la boxe, il y a peu d’Argentins mais ils sont tous marquants: Vilas, Monzón, Ginobili, Del Potro. Nous avons peu de champions, mais ils vont loin. Se distinguer, émerger comporte une dimension émotionnelle. C’est presque une question de survie. Avant qu’ils ne me tuent, je vais donner le maximum. Et ça, c’est ton origine qui te le donne. L’Argentin qui part, il part pour rester. Il ne quitte pas son pays en se disant «on verra ce qui va se passer, et si ça marche pas je rentre à la maison». Il n’y a pas de retour possible.»

Il y a une vingtaine d’années, Daniel Jeandupeux entreprit un tour du monde des entraîneurs. En Argentine, il observa César Luis Menotti, Carlos Bilardo, Jorge Valdano, Héctor Cúper et Carlos Bianchi. «Deux choses m’avaient frappé, se souvient aujourd’hui l’ancien sélectionneur de l’équipe de Suisse. D’abord, ils se ressemblaient tous alors qu’ils avaient chacun un style très différent. Tous avaient un grand savoir-faire et une idée très claire de ce qu’ils voulaient et, ce qui m’avait surpris, beaucoup de pragmatisme, y compris chez les plus idéalistes. Menotti et Valdano étaient aussi des gens habitués à faire avec peu, à composer avec les difficultés de la vie et les problèmes de la société. La deuxième chose qui m’est restée, c’est cette dualité du football argentin, où le talent et la hargne cohabitent. C’est un football de contrastes, pas du tout monocorde, traversé par des courants contradictoires qui s’opposent mais aussi se nourrissent l’un l’autre. Je crois beaucoup à l’opposition de styles et le football argentin c’est ça: une confrontation permanente qui pousse à la réflexion.»


Marcelo Gallardo, l’héritier?

Qui sera le prochain grand entraîneur argentin? «Marcelo Gallardo», répond sans hésiter Diego Borinsky. Bon, le journaliste d’El Gráfico vient de lui consacrer un livre mais l’actuel entraîneur de River Plate a d’autres arguments. Depuis ses débuts sur le banc des Millionarios en 2014, el Muñeco (le poupon) a remporté au moins un titre chaque année, dont la Copa Libertadores en 2015, premier trophée international de River depuis 1997. Au-delà des résultats, Gallardo a redonné un style à un club qui ne fonctionnait plus guère que comme une vitrine pour jeunes talents à vendre. Son River Plate s’inspire de Marcelo Bielsa et d’Alejandro Sabella, mais aussi de Pep Guardiola dans le pressing et l’importance donnée à la passe. Pour correspondre aux standards locaux, ce taiseux a appris à bosser sa prise de parole devant un groupe. Jusqu’ici, ses résultats parlent pour lui.


Jorge Valdano: «Nous sommes doués pour transmettre et convaincre»

Le champion du monde 1986, aujourd’hui un écrivain célébré, souligne l’influence du particularisme argentin dans la formation des entraîneurs locaux

Ancien joueur et entraîneur du Real Madrid, champion du monde en 1986 avec l’Argentine, devenu un journaliste et écrivain réputé, Jorge Valdano a toujours concilié sa passion du football avec une haute exigence éthique et esthétique.

Le Temps: Pourquoi les entraîneurs argentins sont-ils si influents dans le football mondial?

Jorge Valdano: Il est étonnant que vous placiez la figure de l’entraîneur devant celle du joueur s’agissant d’un pays qui a offert au monde Di Stefano, Maradona, Messi. Pendant très longtemps, l’entraîneur a été en Argentine un personnage secondaire. Le renversement est né d’une guerre: le menottismo contre le bilardismo, chacun avec derrière lui son armée journalistique. Cela a alimenté un débat qui ne s’est jamais arrêté depuis. Il est impossible d’imaginer deux écoles plus éloignées l’une de l’autre. Pour l’une, le football est relié à une identité nationale; pour l’autre, il est universel. Pour l’une, il est fortement attaché à une éthique; pour l’autre, débarrassé de tout sens moral. Pour l’une, le style est une part importante du jeu; pour l’autre, seule la finalité – gagner – compte. Entre ces deux extrêmes se situe tout le football. Je suis par exemple clairement menottista, Simeone est bilardista.

Et Marcelo Bielsa?

Il a créé son propre courant, avec un style très défini. C’est un homme avec une puissance intellectuelle supérieure qui l’incite à chercher et souvent trouver des formules: «Il y a 17 manières d’attaquer», «il existe 10 systèmes de jeu». C’est très pédagogique. Moi, j’ai une manière de penser plus volcanique, plus confuse; lui est carré et méthodique. D’un point de vue éthique et philosophique, il est beaucoup plus proche de Menotti.

Vous êtes menottista, mais vous avez été champion du monde avec Bilardo.

Cela ne change en rien mon sentiment. Avoir été sous les ordres de Bilardo renforce au contraire mon identification au menottismo. Je lui reconnais une obsession, qui est contagieuse, mais sa manière de sentir le football aboutit un ordre quasi militaire qui me déplaît.

Quel est le point commun entre tous?

L’Argentine est un pays qui entretient une relation totalement exagérée avec le football. Vous montez dans un taxi et quand vous en descendez, vous ne savez plus si le type est un chauffeur ou un entraîneur, tant il parle bien et tant il transmet sa passion. L’entraîneur argentin s’est formé dans cet environnement très passionné, très connaisseur, où chacun veut convaincre. Sa capacité à transmettre, sa force de conviction, le distingue peut-être des autres. Nous sommes doués pour la conversation, nous aimons débattre. La semaine dernière, je suis allé à Buenos Aires [il réside à Madrid] juste pour manger avec Menotti.

Beaucoup, comme Menotti, Bielsa ou vous, viennent de Rosario…

J’ai dit une fois qu’être de Rosario était une manière exagérée d’être Argentin. On y aimait le joueur très technique, très créatif. Depuis, le football a élargi ses frontières, mais pendant longtemps, il y a eu à Rosario une exigence esthétique très forte. Lorsque j’ai commencé à jouer, on me définissait comme un joueur plutôt européen, ce qui m’offensait beaucoup. Je voulais être un joueur de style rosarino.

Comme entraîneur, vous avez été champion avec le Real Madrid en 1995, mais votre passage à Tenerife (1992-1994) a davantage marqué les esprits.

Notre Tenerife n’avait qu’une vertu mais très grande. A cette époque, il se disait que pour jouer bien au football, il fallait avoir de très grands joueurs, ce qui ne concernait donc que le Real Madrid et le FC Barcelone. Ceux qui luttaient pour le maintien cherchaient leur salut dans un football très défensif et spéculatif. Et nous, nous avons échappé à la relégation en étant très audacieux dans notre manière de jouer. J’ai assisté ce printemps à une partie de vida o muerte entre Las Palmas et le Levante, et les vingt dernières minutes, il n’y avait plus de milieu de terrain tant les deux équipes voulaient gagner! Cela, il y a vingt ans, était révolutionnaire. C’est aujourd’hui presque devenu la marque de fabrique de la Liga.


Top cinco

Osvaldo Zubeldia Le premier des obsessionnels, pour qui seule la victoire compte. Disciple de Victorio Spinetto (qui rompt avec le jeu traditionnel argentin technique mais lent), il pousse le concept de l’anti-fútbol à un niveau jamais égalé à la tête d’Estudiantes La Plata, trois fois vainqueur de la Copa Libertadores (1968, 1969, 1970) et tombeur de Manchester United en 1968 en Coupe intercontinentale. Il généralise le double entraînement quotidien, les mises au vert, le travail des coups de pied arrêtés et du piège du hors-jeu, la déstabilisation de l’adversaire.

César Luis Menotti Sympathisant communiste, il dirige l’équipe nationale championne du monde en 1978 sous la dictature militaire puis gagne le premier Mondial M20 avec Maradona. Il sera moins heureux au Barça (1983-1984), mais son prestige restera intact. Brillant débatteur, capable de conceptualiser de façon très simple, El Flaco (le maigre) va passionner le pays pour la Selección (c’était peu le cas avant 1978) et pour les débats idéologiques. Parmi ses disciples: La Volpe, Cappa et Valdano. A presque 80 ans, il vient d’ouvrir une école d’entraîneurs.

Carlos Bilardo Joueur, il était l’homme de main de Zubeldia à Estudiantes. Entraîneur, il prolonge l’œuvre de son maître à La Plata puis à la tête de l’équipe nationale en 1983. Champion du monde en 1986, finaliste en 1990, il se proclame l’inventeur du 3-5-2. Après lui, presque toutes les équipes se contenteront de n’aligner que trois éléments créatifs. Obsessionnel, meneur d’hommes hors pair, il est celui qui a su tirer le meilleur parti de Maradona. Orateur beaucoup moins brillant que Menotti, il passe pour un inculte alors qu’il est docteur en médecine.

Marcelo Bielsa Les anecdotes abondent sur el Loco. Elles ont nourri la légende de cet intellectuel autodidacte, bourreau de travail, d’une éthique et d’une exigence presque handicapantes, inventeur de centaines d’exercices et découvreur de dizaines de joueurs. Ses équipes séduisent et se fracassent, tant son football est généreux et ses conceptions radicales. Champion olympique et finaliste de la Copa America avec l’Argentine, il a davantage marqué le Chili mais a partout laissé une trace profonde. Pochettino, Berizzo ou Sampaoli se réclament de ses idées.

Diego Simeone Ancien recordman des sélections, au poste de demi-défensif. Entraîneur, il est l’homme qui s’est opposé le plus frontalement au football de possession du Barça avec l’Atlético Madrid. Un réaliste, dans la lignée de Spinetto (qu’il connut adolescent à Velez) et de Bilardo. Champion d’Espagne en 2014, finaliste de la Ligue des champions en 2014 et 2016, récent vainqueur de la Ligue Europa. Lui n’est pas Profesor ou Maestro mais le Cholo, le chef de bande. L’un des premiers à soigner son look et à donner une dimension physique à son rôle sur la touche.

(L. Fe)

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