Commencée avec le trentenaire américain Andre Agassi bissant sa victoire à Melbourne, la saison 2001 s'est achevée avec l'Australien Lleyton Hewitt s'emparant précipitamment à 20 ans de la place de no 1 mondial. Esquissé depuis quelque temps, le grand tournant des générations tient tout entier dans ce raccourci. Avec, au beau milieu, la victoire paradoxale du Croate Goran Ivanisevic à Wimbledon, arrivée au moment le plus inattendu et intervenant comme une belle leçon d'espoir pour tous les «vieux» que la réussite fuit depuis plusieurs années.

Wimbledon où, symboliquement, un jeune Suisse de 19 ans mit un terme en huitièmes de finale à la série de 31 victoires consécutives de l'Américain Pete Sampras sur le gazon londonien. Avant ce coup d'éclat, Roger Federer n'avait jamais foulé le central où Sampras entretenait l'illusion d'avoir une concession à perpétuité. Quelques semaines plus tard, pour que les choses soient tout à fait claires, Hewitt estourbissait Sampras en 1 heure 54 minutes en finale de l'US Open. «C'est désormais le meilleur relanceur du monde, meilleur qu'Andre (Agassi)», commentait Sampras à propos de ce qui ressemblait fort à une double passation de pouvoir. Hewitt n'allait en effet pas tarder à succéder à Sampras et Agassi au sommet de la hiérarchie mondiale. Une hiérarchie dans laquelle monte également un certain Andy Roddick, jeune Américain authentique et sympathique. Ce dernier a ébloui cette année le public de Roland-Garros où, perclus de crampes, il a terrassé son toujours coriace compatriote Michael Chang au deuxième tour avant d'être contraint en dernière extrémité à l'abandon face à l'ogre Hewitt.

Un bol d'air frais belge

Chez les filles, le bol d'air frais est venu de Belgique. Justine Henin et Kim Clijsters ont en effet fait fort cette année, remportant notamment une finale madrilène de la Fed Cup, privée des Américaines. Cette victoire, qui en appelle d'autres, est riche en symboles: Clijsters, finaliste à 18 ans des Internationaux de France de Roland-Garros, et Henin, finaliste à Wimbledon à 19 ans, ont prouvé qu'il faudrait désormais compter avec elles. Pour la plus grande joie d'une Belgique sportive réconciliée autour de Kim-la-Flamande et de Justine-la-Walonne.