En début d'année, le Tchèque Petr Korda a remporté aux Internationaux d'Australie le tout premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière en battant le Chilien Marcelo Rios en finale. Quatre mois plus tard, l'Espagnol Carlos Moya a réalisé un exploit identique à Roland-Garros en prenant la mesure de son compatriote Alex Corretja à l'ultime stade de la compétition. Enfin, Pete Sampras s'est adjugé au début du mois de juillet à Wimbledon son onzième titre majeur aux dépens de Goran Ivanisevic. On constate donc qu'aucun joueur n'est parvenu à s'imposer deux fois en Grand Chelem cette saison, ni même à se qualifier pour deux finales.

Alors que généralement la hiérarchie est établie de façon plus solide dans le circuit féminin, on a assisté à un phénomène analogue chez les professionnelles. Martina Hingis a battu Conchita Martinez à Melbourne, Arantxa Sanchez a triomphé à Paris en prenant le meilleur sur Monica Seles et sur le gazon londonien, c'est Jana Novotna, à l'instar de Petr Korda, qui a remporté son premier tournoi du Grand Chelem en disposant de la Française Nathalie Tauziat. Ce beau mélange chez les hommes et chez les femmes indique qu'il est difficile d'émettre des pronostics précis et, même si tous les joueurs et joueuses cités ont les moyens d'atteindre sur les courts de Flushing Meadows une nouvelle finale du Grand Chelem cette saison, rien ne peut exclure l'apparition de noms différents au palmarès de l'épreuve new-yorkaise, ultime des quatre tournois majeurs dans le calendrier.

Sampras et Hingis menacés

L'an dernier, la situation était beaucoup plus claire à l'abord de cette compétition. Tant Pete Sampras, vainqueur précédemment en Australie et à Wimbledon, que Martina Hingis, qui avait gagné à Melbourne et à Londres et atteint la finale à Roland-Garros, bénéficiaient largement des faveurs de la cote. L'Américain, surpris par Petr Korda au quatrième tour, avait cependant trahi la confiance des pronostiqueurs au contraire de la Saint-Galloise, qui avait enlevé son troisième tournoi du Grand Chelem grâce à sa victoire sur Venus Williams. Sampras et Hingis occupent encore actuellement le rang de numéro un mondial dans leurs catégories respectives, mais leur position privilégiée est menacée, et les résultats pas trop convaincants obtenus par ces deux champions au cours de l'été n'incitent à faire preuve d'un optimisme débordant en ce qui les concerne.

Si l'on se réfère précisément aux performances estivales des candidats au titre, on devrait plutôt miser sur des joueurs comme Patrick Rafter ou André Agassi, grands dominateurs de la tournée américaine, et sur des joueuses telles que Lindsay Davenport, Jana Novotna, Monica Seles ou même Steffi Graf, qui vient de mettre fin à seize mois de disette en remportant le tournoi de New Haven. Mais qui aurait parié l'an dernier sur une finale Rafter-Rusedski et sur la présence de Venus Williams au stade ultime de la compétition? De nouvelles surprises cette année ne seraient donc pas pour nous… surprendre, surtout à Flushing Meadows où les conditions de jeu (chaleur, bruit) peuvent mettre les nerfs et le physique des participants à rude épreuve.