«Quand j'entre sur un terrain, c'est pour en sortir en vainqueur et pour rien d'autre. Je suis là pour gagner, mais si je peux rigoler, alors ce sera parfait.» John McEnroe est de retour sur la terre ocre de Roland-Garros pour y disputer le trophée des Légendes, deuxième édition d'un tournoi qui réunit 16champions retraités, huit de plus de 35 ans et huit autres de plus de 50 ans. Les deux compétitions, indépendantes l'une de l'autre, sont dotées de 450 000 francs français de prix chacune.

Ce chiffre pose la question de la motivation des anciens joueurs. Un arc-en-ciel qui passe du rire au pathétique, avec les couleurs de la nostalgie. Certains, tels que John McEnroe, qui a gagné plus de 12 millions de dollars dans sa carrière, ou Andres Gomez, plus de quatre millions de ces mêmes dollars, ont conservé au fond d'eux-mêmes le désir de vaincre, la volonté de gagner. Sur le court, ils retrouvent leur âme de battant et leur jeunesse d'antan. Ils s'offrent d'impossibles volées, courent à en perdre le souffle et finissent leur point par une pirouette de malice.

Exhibition pour vivre

Le trophée des Légendes est également une occasion pour les anciens de se retrouver dans une ambiance, certes très sérieuse, mais parsemée de moments ludiques. Mais, dans ce trophée, il existe aussi un envers du décor. Certains anciens champions, n'ont pas d'autres choix que celui de continuer à jouer. Ils s'exhibent non pas pour le plaisir ou la gloire, mais pour vivre. Bjorn Borg, le roi de Roland-Garros, le joueur qui a remporté six fois les Internationaux de France, a aligné autant de victoires que… de faillites. Henri Leconte a dilapidé sa fortune. Bjorn Borg et Henri Leconte ne sont de loin pas les seuls à devoir revenir, cette fois-ci sur les courts annexes, pour y grappiller quelques francs.

A l'inverse de ceux qui n'ont plus rien à prouver, se trouvent les juniors, ceux qui ont tout à gagner. Les quatre épreuves qui leur sont réservées (simples garçons et filles, doubles garçons et filles) ont débuté lundi. La plupart des 64 joueurs et joueuses acceptés sont qualifiés directement par l'organisation du tournoi, après l'étude des candidatures présentées par les différentes fédérations.

Sponsors à l'affût

Parmi les futurs espoirs, deux Suissesses: Cecilia Charbonnier et Laura Bao. Les deux joueuses ont déjà connu le devant de la scène lors de la Fed Cup à Zurich face à la Slovaquie. Martina Hingis et Patty Schnyder absentes, les deux joueuses, avec Emmanuelle Gagliardi, avaient tout tenté pour repartir la tête haute malgré leur défaite. A Roland-Garros, Cecilia Charbonnier a perdu son match contre l'Espagnole Marta Marrero, tandis que Laura Bao s'est qualifiée pour le deuxième tour après sa victoire en deux sets contre Aurelie Vedy.

Mais, peu importe, serait-on tenté de dire. Le tournoi des juniors est une sorte de vivier dans lequel les sponsors pêchent les champions de demain. Ils suivent attentivement les matches, repèrent les plus virtuoses, les plus audacieux, ceux qui possèdent déjà, dans leurs raquettes, des coups de maîtres. Quand Martina Hingis était encore sur les courts annexes de Roland-Garros, quand elle avait gagné le tournoi junior, à douze ans et demi, les spécialistes et les sponsors savaient déjà. Ils savaient qu'elle avait l'étoffe d'une grande championne.