Chaque année, le Rallye du Portugal – dont l'édition 2001 commence aujourd'hui – est attendu avec impatience. Par les manufacturiers de pneumatiques d'une part, qui ont l'opportunité de tester en course les gommes spécifiques qu'ils ont mises au point durant l'hiver sans avoir pu les essayer en compétition. Par les constructeurs d'autre part, qui peuvent se faire pour la première fois de la saison une idée précise des performances de leurs (nouveaux) bolides sur la terre. Il y a un an, la deuxième place obtenue dans l'épreuve lusitanienne par la Peugeot 206 WRC avait ainsi confirmé l'excellent potentiel de cette voiture qui a valu à la firme sochalienne l'obtention du titre mondial 2000 des marques.

Le Rallye du Portugal, vous l'aurez compris, est la première épreuve de la saison à se disputer sur une surface non revêtue. L'épreuve lusitanienne intervient en effet après la glace du Monte-Carlo et la neige de la Suède. Et si l'on retranche du calendrier les trois manches typées asphalte (Catalogne, Corse et San Remo), il ne reste donc que des épreuves sur terre. Cependant, il y a terre et terre et chaque rallye du championnat du monde propose sa propre spécificité. Des pistes cassantes à Chypre et en Grèce. Des toboggans vertigineux en Finlande. De longs passages avalés à haute vitesse sous le soleil kenyan ou, à l'opposé, des chemins boueux dans les forêts britanniques.

Le Rallye du Portugal, lui, tombe dans la catégorie des tracés plutôt roulants, avec une différence sensible toutefois entre les sols sablonneux du nord, dans la région de Fafe, et la partie plus dure du sud, près d'Arganil. «Sur tout ce rallye, les difficultés dépendent d'une donnée fondamentale: la lame est-elle passée?», explique le Français Didier Auriol (Peugeot 206 WRC), champion du monde en 1994. Si les ponts et chaussées locaux ont diminué les irrégularités des pistes, celles-ci sont moins cassantes, mais plus souples et plus glissantes car recouvertes d'une couche de terre meuble. En revanche, lorsque les chemins portent encore les stigmates de l'hiver, le revêtement est dur, le «grip» est meilleur mais l'auto saute dans tous les sens et les pièges sont plus nombreux. Le retaillage des pneumatiques en fonction des conditions de route est très important. Surtout quand il pleut parce que l'adhérence devient alors nulle.»

Précisément, des pluies diluviennes se sont abattues tout l'hiver sur le Portugal. Ce qui pourrait bien brouiller les cartes, surtout si la météo demeure humide ces prochains jours.

S'agissant des favoris du Rallye du Portugal, ils sont au nombre de sept (Tommi Mäkinen, Marcus Grönholm, Harri Rovanperrä, Colin McRae, Richard Burns, Didier Auriol, Carlos Sainz). Trois pilotes cependant ont d'ores et déjà le couteau sous la gorge: Grönholm, Burns et McRae, qui n'ont pas encore inscrit le moindre point cette saison.

Pour suivre le Rallye du Portugal en direct:

www.michelinsport.com ou www.tap-rallyedeportugal.pt/2001