Entamé avec les adieux de Serena Williams, l'US Open s'est achevé samedi sur le sacre de la nouvelle reine du tennis féminin, la Polonaise Iga Swiatek, 21 ans. Lors d'une finale à sens unique durant laquelle la Tunisienne Ons Jabeur, qui sera pourtant classée numéro deux mondiale lundi, n'a pu que retarder l'échéance dans la seconde manche (perdue 7-5 au tie-break), Swiatek a confirmé qu'elle était bien la meilleure joueuse actuelle en s'imposant en deux sets (6-2 7-6).

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A 21 ans, l'ancienne petite étudiante de Varsovie remporte déjà son troisième titre en Grand Chelem, après deux Roland-Garros (2020 et 2022). Dans un tennis féminin marqué par une très forte instabilité ces dernières années (15 gagnantes différentes lors des 22 derniers tournois majeurs), et choqué ce printemps par la retraite surprise de l'Australienne Ashleigh Barty quelques semaines après son titre à Melbourne, Iga Swiatek amène enfin un peu de stabilité.

Très forte mentalement

Ce n'est pas la première fois que l'on prophétise cela (ce fut le cas, à tort, à propos de Naomi Osaka notamment), mais la Polonaise a toutes les armes mentales pour résister à la pression. Elle est la première joueuse à gagner deux titres du Grand Chelem la même saison depuis Angelique Kerber en 2016 et la première tête de série numéro un à confirmer son statut en remportant l'US Open depuis Serena Williams en 2014. Sa victoire à l'US Open ponctue une saison remarquable où elle a remporté sept titres et aligné 37 victoires consécutives.

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Très déçue par sa défaite, Ons Jabeur l'a dit mieux que personne: «Iga ne perd jamais en finale!». C'est presque vrai: Swiatek a perdu la première finale de sa carrière sur le circuit WTA, en 2019 contre Polona Hercog à Lugano, alors qu'elle n'avait pas encore 18 ans. Depuis, elle a remporté les dix suivantes, dont trois Grand Chelem et cinq Masters 1000.

Preuve qu'elle assume son statut, Swiatek est immédiatement entrée dans son match alors qu'Ons Jabeur, qui restait sur une finale perdue à Wimbledon, a semblé écrasée sous la pression dès son entrée dans l'immense arène du court Arthur-Ashe. Jabeur n'a joué que trop sporadiquement son tennis inspiré, si efficace et si redouté sur le circuit. Insuffisant pour ébranler la forteresse Swiatek.

Jabeur promet de revenir

La Polonaise s'est procuré une première balle de match à 6-5, puis une seconde à 6 points à 5 dans le tie break qu'elle a cette fois convertie en bénéficiant d'une faute directe de Jabeur, la 33e et dernière de la partie.

Ons Jabeur, extrêmement touchée par son échec, le second consécutif en finale d'un Majeur après Wimbledon en juillet, a eu du mal à retenir ses larmes et s'en est sortie par un trait d'humour - «En ce moment, je ne l'aime pas beaucoup» - dont elle est coutumière. «Elle a commencé vraiment très fort et m'a mis beaucoup de pression. Moi, j'essayais d'entrer dans le match. C'était très dur. D'autant qu'à certains moments, elle a vraiment très bien joué», a-t-elle expliqué dans un triste sourire.

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Ses larmes séchées, la Tunisienne avait retrouvé espoir et ambition en conférence de presse. «J'ai mis du temps à gagner mon premier titre WTA, alors je pense qu'il m'en faudra aussi pour gagner mon premier titre en Grand Chelem. Le plus important est de l'accepter, de tirer les enseignements des finales perdues. Mais je ne vais pas abandonner. Je suis persuadée que je jouerai d'autres finales et que je peux viser la place de numéro un mondiale puisque je n'ai pas de points à défendre pendant presque un an.»

Photo-souvenir

Tout sourire évidemment, Iga Swiatek s'avoua «super fière» d'avoir remporté la finale dans des conditions difficiles. «Même si j'ai dominé le début de la partie, je savais que ce serait serré et je savais que Ons tirerait profit de chacune de mes erreurs. Dans le second set, le match est devenu très physique et je suis contente que mon niveau d'énergie soit encore monté d'un cran pour pouvoir être un peu plus précise dans les moments clés et conclure. Nous avons joué à un très haut niveau. Et je suis particulièrement fière de mon niveau mental, je ne craque pas dans les moments difficiles.»

Encore très jeune et spontanée, la Polonaise a avoué avoir été impressionnée par la présence de nombreuses célébrités qui assistent régulièrement aux grands matchs en night session. «Après avoir rencontré [le chanteur] Seal, je me suis dit «même si je perds maintenant, j'aurai déjà remporté ce tournoi parce que j'ai une photo avec lui». C'était génial. C'est quelque chose qui ne peut probablement arriver qu'à New York...»