Pour sa dixième édition, le Grand Prix Beau-Rivage a changé de formule. Le concept qui consistait à inviter des «stars» océaniques à venir s'essayer à bord des multicoques lémaniques - ils sont trente-huit marins de renom à avoir défilé sur les quais d'Ouchy à Lausanne - a vécu. «Simplement parce que ces grands navigateurs y ont tellement pris goût qu'ils viennent désormais à l'année», explique Phlippe Cardis, à l'origine de cette épreuve avec feu Marc-Edouard Landolt. Il devenait donc difficile de distinguer les invités des barreurs attitrés.

Néanmoins, pour honorer la mémoire de celui qui a beaucoup œuvré pour le rayonnement de la voile helvétique en aidant financièrement Stève Ravussin et Bernard Stamm, les organisateurs du Grand Prix Beau-Rivage ont décidé de décerner le Trophée Marc-Edouard Landolt à un marin d'exception. Cette année, pour l'inauguration de cette nouvelle formule, c'est Thomas Coville qui a été récompensé. Pour un exploit réalisé en juillet dernier. A la barre de son trimaran Sodebo, le Breton a battu le record de la traversée de l'Atlantique en solitaire en 5 jours, 19 heures et des poussières.

«Je suis étonné que l'on m'ait choisi pour ce prix car mon programme est aux antipodes du circuit des D35, confie Thomas Coville. Cela montre l'ouverture d'esprit des gens de la voile ici. Une qualité typiquement suisse. C'est la richesse d'un petit pays où les gens vont et viennent et sont curieux.» Il ajoute: «J'étais curieux de découvrir ces bateaux et de voir comment cette classe est structurée. Surtout après l'échec français du circuit des multicoques Orma de 60 pieds. Et finalement, ce week-end m'ouvre les yeux sur ce que Stève et Ivan Ravussin nous disent depuis longtemps, à savoir les atouts de la monotypie.»