C’est une victoire qui en rappelle forcément une autre. 16 octobre 2005, Grand Prix d’Australie, circuit de Phillip Island. Thomas Lüthi part en pole position et remporte son quatrième succès de la saison. Les points récoltés lui permettent de prendre la tête du classement des pilotes. Deux courses et un petit mois plus tard, le Bernois d’à peine 19 ans devient champion du monde de la catégorie 125 cm3.

«Je pense que tout reste possible pour le titre»

Très exactement onze ans et sept jours plus tard, Thomas Lüthi s’est une nouvelle fois élancé en pole et imposé à Philip Island ce dimanche. Pour la première fois depuis 2005, il remporte un quatrième Grand Prix en une année (après ceux du Qatar, de Grande-Bretagne et du Japon), avec en prime une petite touche inédite qui faisait son bonheur: «Pour la première fois de ma carrière, je gagne deux courses d’affilée!», remarquait-il à l’arrivée.

Cette fois, les 25 points de son succès ne lui permettent pas de s’installer en tête du classement. Mais ils l’appellent à se battre jusqu’au bout. «Je pense que tout reste possible pour le titre», a-t-il affirmé. Champion du monde en titre, le Français Johann Zarco trône avec une avance de 22 points, mais elle a fondu de 26 longueurs ces deux dernières courses. Le pilote bernois, en forme et en confiance, aurait tort de ne pas y croire.

Toucher le fond et rebondir

Au début de cette saison comme de toutes les précédentes, les observateurs se demandaient si c’était (enfin) l’année de Thomas Lüthi. Pour forcer le destin, il avait durant l’hiver changé de chef technique (arrivée de Gilles Bigot) et d’habitudes (davantage d’entraînement sur sa Kalex). Mais passée une première victoire à Doha, le Bernois est vite rentré dans le rang. Quand deux violentes chutes lors des qualifications à Brno le privent de Grand Prix, le sort semble ne pas vouloir cesser de lui appuyer sur la tête. En fait, il touche le fond à cet instant précis. Et depuis, il a su rebondir.

Il a remporté trois des cinq courses disputées depuis son passage à l’hôpital quand, auparavant, il n’était monté que deux fois sur le podium (une victoire, une troisième place) en dix Grand Prix. Parallèlement, le leader du classement Johann Zarco connaît une dynamique inverse: sept podiums (dont cinq victoires) avant le Grand Prix de République tchèque, un seul après. «La différence, c’est que je n’ai rien à perdre», soufflait le Suisse au Matin la semaine dernière.

Un pilote serein

Son entourage décrit un pilote qui n’a jamais été aussi serein. Il vient de gagner davantage de courses en moins de deux mois que lors de n’importe laquelle de ses saisons depuis dix ans. Il roulera dans une semaine en Malaisie pour un troisième succès consécutif. Et peut-être, le 13 novembre à Valence, pour un deuxième titre de champion du monde.