En raison de la combativité dont elle était capable sur le court, les commentateurs avaient pris l’habitude de la surnommer «la guerrière de Belmont». Eh bien, Timea Bacsinszky rend les armes. La joueuse de tennis vaudoise a annoncé sa retraite sportive.

«Petite fille, jamais je n’aurais pu imaginer accomplir tant de belles choses à travers toi, vivre tant d’émotions, apprendre tant de choses, notamment sur moi, mais sur le monde aussi. Tu as été la plus belle école de vie qui soit et je ne te remercierai jamais assez pour ça, a-t-elle écrit sur son compte Instagram. Merci pour les moments durs, les sourires, les larmes, les doutes mais surtout les enseignements que tu as pu me transmettre.»

Le retour espéré

A 32 ans, Timea Bacsinszky a derrière elle l’une des plus belles carrières de l’histoire du tennis suisse féminin. Professionnelle depuis 2003, elle a connu beaucoup de succès chez les juniors, puis elle a remporté quatre titres chez les grandes entre 2009 et 2016. Dans les tournois du Grand Chelem, elle a signé ses meilleurs résultats à Roland-Garros, dont elle a atteint les demi-finales en 2015 et 2017. En mai 2016, elle a atteint son meilleur classement WTA en grimpant à la 9e place. Associée à Martina Hingis, elle a aussi décroché la médaille d’argent du double aux Jeux olympiques de Rio, en 2016.

La dernière victoire de la Vaudoise remonte à juin 2019, son dernier tournoi au mois de septembre de la même année. Elle avait mis un terme prématuré à sa saison en raison de douleurs persistantes au dos, qui l’ont poursuivie durant le début de la pandémie.

Rencontre, en 2018: Timea Bacsinszky: «Revenir n’est pas une course de vitesse»

En mars 2020, elle donnait quelques nouvelles: «Aujourd’hui, pour la première fois depuis un très long moment, j’ai pu suivre un entraînement complet, à 90% sans douleur ce qui est fantastique. Croisons les doigts pour les prochaines semaines, et je me réjouis d’être sur le court au plus vite.» Ce moment n’est malheureusement jamais arrivé en compétition.

Juste un prénom

«Timea» s’en va alors qu’elle est retombée à la 517e place du classement mondial, un rang anonyme qui ne lui fait pas honneur. Solaire, franche et naturelle, elle est l’une de ces rares sportives suisses à la notoriété suffisante pour n’être désignée que par son prénom, comme Martina (Hingis) et Patty (Schnyder), mais aussi Lara (Gut-Behrami) et Wendy (Holdener) ou encore Mujinga (Kambundji).

Née en 1989 à Lausanne de deux parents hongrois, la trentenaire a commencé le tennis dès l’âge de 3 ans. Comme elle l’a raconté, son père l’a beaucoup poussée à réussir raquette en mains, au point de la dégoûter un temps de cette discipline qui la verra pourtant faire carrière. «Aujourd’hui, il est temps pour moi de tourner la page, et d’en écrire de nouvelles, qui je l’espère seront aussi intenses», écrit-elle encore sur Instagram.