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Tennis

Timea Bacsinszky: «Avec Lara Gut, c'est comme si on se connaissait depuis toujours»

La Suisse dispute la demi-finale de Fed Cup ce week-end à Lucerne. Sans Belinda Bencic, mais avec une Timea Bacsinszky retrouvée. La Vaudoise parle de son niveau de jeu, de Martina Hingis et de ses nouveaux amis, Lara Gut, Joël Dicker et Thomas Wiesel

C’est une Timea Bacsinszky encore un peu fatiguée par le décalage horaire mais rassurée sur son niveau de jeu par sa récente demi-finale à Miami, son premier gros résultat de la saison, qui se présente début avril au club-house du TC Stade-Lausanne. La veille, elle a pris des nouvelles de Belinda Bencic par le groupe WhatsApp que les joueuses de Fed Cup ont créé pour communiquer entre elles. Touchée au dos, la numéro 1 helvétique déclarera forfait deux jours plus tard pour la demi-finale de Fed Cup qui oppose ce week-end à Lucerne la Suisse à la République tchèque.

A Ouchy, Timea Bacsinszky est chez elle. Elle salue Jonathan Wawrinka, le frère de Stan, fait la bise à son ancien entraîneur accoudé au bar, se fait aborder par Georges-André Carrel, l’entraîneur du Lausanne Université Club, et trouve tout de même un coin tranquille où s’asseoir et raconter les derniers mois d’une vie qui n’en finit plus de rebondir depuis qu’il y a exactement trois ans, elle reçut une invitation à disputer Roland-Garros alors qu’elle épluchait des pommes au Chalet Royalp de Villars et s’apprêtait à tourner le dos au tennis professionnel. «Je suis allée y passer un week-end récemment, il n’y a plus beaucoup de gens avec qui j’ai travaillé mais j’ai l’impression que c’était hier. Jamais je n’aurais imaginé une ligne de vie aussi atypique!»

Le Temps: Cet hiver, vous avez connu une période difficile pour la première fois de votre seconde carrière. Avez-vous eu peur que le charme se soit évaporé?

Timea Bacsinszky: J’ai été blessée, ce qui peut arriver dans le sport. Et je n’ai chuté au classement que de la 12e à la 20e place. Ce qui a été dur à vivre, c’est cette fin de saison en queue de poisson: j’avais fait une année magnifique, j’étais en course pour me qualifier pour le Masters, et puis il y a eu cette histoire de tournoi [Luxembourg] qui ne comptait pas pour la Race et où je me blesse au genou. Finir comme cela une si belle histoire, cela m’a paru injuste. Ensuite, lorsque je suis revenue à la compétition, c’était différent: je savais que ce serait difficile. A Brisbane, Sydney, Melbourne, je figurais parmi les meilleures têtes de série mais je n’avais pas le niveau physique de mon classement.

– Fallait-il disputer la tournée australienne?

– Je me suis posé la question, au point de constamment reporter la décision. C’est finalement mon entraîneur, Dimitri Zavialoff, qui a tranché. Il fallait y aller, pour s’entraîner. J’étais avec les autres au lieu de ruminer dans mon coin, je profitais des infrastructures, du soleil, je suivais un programme physique assez intense. Je savais que je n’étais pas compétitive. De là à l’accepter… Par moments, ç’a été dur, je me posais beaucoup de questions sur la suite de la saison. Au tennis, il faut avoir une mémoire de poisson rouge: chaque semaine, il n’y a qu’une joueuse qui gagne et toutes les autres qui perdent. Quoi qu’il arrive, il faut chasser la défaite de son esprit.

– Comment y parvenir?

– Les deux premiers tournois, j’ai perdu deux fois au premier tour. J’étais très déçue mais Dimitri Zavialoff me répétait que je ne pouvais pas faire plus. A mon premier match, j’ai remporté quatre jeux; sur le deuxième, j’ai pris un set; le troisième, je l’ai gagné. Je suis revenue comme ça, étape par étape. A Doha deux matchs, à Indian Wells deux, à Miami quatre.

– En février, il y a cette rencontre de Fed Cup en Allemagne où vous perdez vos deux matchs. Comment l’avez-vous vécue?

– J’étais triste, évidemment, et je me suis d’abord sentie coupable mais, à froid, je savais que j’avais fait le maximum avec mes moyens du moment. Tout comme je savais que j’avais été le maillon fort du groupe à d’autres moments, peut-être à certaines occasions où d’autres étaient moins bien. Personne ne m’a montré du doigt, tout le monde a vraiment été top.

– Quels liens y-a-t-il entre vous entre les matchs de Fed Cup?

– Christiane Jolissaint, notre responsable, a créé un groupe WhatsApp qui fonctionne à plein. Récemment, Martina Hingis s’est activée pour essayer de nous trouver une robe commune pour la soirée officielle de la demi-finale. On s’écrit beaucoup, en groupe ou par messages privés. Contrairement à ce que l’on veut croire ou me faire dire, je ne suis absolument pas jalouse de Belinda Bencic. Ses bons résultats me font plaisir et m’encouragent. Quand à Martina, j’ai eu la chance de la voir plus souvent en fin de tournois, j’ai l’impression qu’elle aime bien ma façon de jouer.

– Vous semblez avoir une relation particulière avec d’autres jeunes sportifs ou personnalités suisses de votre âge, comme Lara Gut, Bastien Baker, Thomas Wiesel ou Joël Dicker. Vous sentez-vous des points communs?

– En Suisse, le pays est si petit que les personnalités se croisent forcément à un moment ou à un autre. J’avais un peu échangé via les réseaux sociaux avec Lara Gut mais je ne la connaissais pas vraiment. Deux jours avant sa dernière course, elle m’a écrit pour me dire qu’elle venait en Floride et qu’elle aimerait voir un de mes matchs. Derrière, elle débarque! On est allé boire un jus, puis elle est revenue manger avec mon staff. On s’est parlé en français, en italien, en suisse allemand lorsqu’il y avait mon préparateur physique, et c’était comme si on se connaissait depuis toujours.

– Vous avez l’impression de vivre la même vie?

– Joël Dicker était dans le même avion que moi pour Los Angeles. J’avais lu ses trois livres, lui s’intéresse beaucoup au sport, je suis allée dans les paysages qu’il décrit dans «Le Livre des Baltimore». Avec Thomas Wiesel, qui va venir à la Fed Cup, c’est pareil. On s’est parlé avant son passage à l’émission «Pardonnez-moi», où j'étais déjà passée. Je lui ai demandé deux places pour un de ses spectacles qui était complet, il m’a dit: «OK, mais ça va être ta fête», et il ne m’a pas loupé. Je connais moins Bastien Baker mais avec Joël Dicker, Lara, Thomas, on échange sur nos expériences respectives. C’est une émulation saine, positive, et on partage les mêmes «problèmes», notamment les gens qui nous abordent, s’approprient notre réussite et pensent nous connaître. C’est extrêmement enrichissant de pouvoir en parler entre nous.

Lire aussi: Timea Bacsinszky, retour au premier plan

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