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La dernière apparition officielle de Timea Bacsinszky sur un court, le 8 juillet 2017 à Londres. Blessée à la main, elle s’était inclinée au troisième tour de Wimbledon contre la Polonaise Agnieszka Radwanska.
© PETER KLAUNZER/Keystone

Tennis

Timea Bacsinszky: «Revenir n’est pas une course de vitesse»

La Vaudoise a préféré renoncer à l’Open d’Australie, qui débute lundi à Melbourne. Sans regret. Face à un circuit de plus en plus exigeant, elle entend profiter pleinement du moindre repos, même forcé

L’encombrant carton amené par le service de livraison express est enrubanné de bandes adhésives aux couleurs d’un équipementier japonais. Timea Bacsinszky vient de recevoir ses tenues de match pour 2018. Elle ne les portera pas à Melbourne. Elle est assise dans un café, en face de la gare de Lausanne, et masse machinalement cette main droite opérée voici trois mois. La cicatrice est à peine visible, l’hématome un peu plus.

Fin septembre, la Vaudoise se faisait opérer à Milan pour soigner une déchirure ligamentaire et tendineuse dans la main droite. «Je manque encore un peu de mobilité dans la main et de flexion dans le majeur», explique-t-elle sans chichi, joignant le geste à la parole.

Le Temps: L’Open d’Australie commence sans vous. Comment allez-vous le vivre?

Timea Bacsinszky: Sans nostalgie. Je vais peut-être regarder quelques matches de night session si je tombe dessus, mais je ne vais pas me lever la nuit pour ça. Je ne suis pas du tout déçue de ne pas y être. On pense toujours être différente des autres, on croit que l’on va récupérer plus vite, mais il n’y a pas de miracle. Je suis en avance sur ma rééducation, tout se passe bien, mais je ne suis pas encore apte à disputer un Grand Chelem.

Concrètement, que vous manque-t-il?

Je pourrais jouer un match, mais pas enchaîner deux ou trois tours. Il me manque un peu de souplesse dans la main et de vitesse dans le poignet. Sur les balles hautes notamment, j’ai tendance à compenser avec l’épaule. La semaine dernière, je me suis entraînée quatre jours d’affilée; le quatrième jour, je ne pouvais plus lever le bras. Cette semaine, je n’ai fait que trois jours de suite. Ce sont des douleurs de surcharge, habituelles lorsque l’on reprend, mais il ne sert à rien de forcer et d’installer un problème chronique.

Etes-vous confiante dans cette période toujours un peu incertaine?

Totalement confiante. Lorsque je me suis blessée au pied [trois opérations en 2011], on ne me donnait que 20% de chances de refaire un jour du sport dans mon jardin. Depuis, j’ai toujours eu pour philosophie de prendre mon temps. Ce n’est pas une course de vitesse et l’essentiel pour moi est de ne pas être un feu de paille.

Appréciez-vous certains aspects de votre état actuel?

Cela fait du bien de s’extraire du rythme effréné du circuit, où il faut constamment être en forme, compétitive. Le jeu m’a manqué, mais pas cette vie-là. Je ne me suis pas ennuyée. J’en ai profité pour faire des choses que je n’ai habituellement pas le temps de faire, voir des gens, me consacrer à des projets plus personnels. La seule chose qui m’a embêtée, c’est qu’au moment de ma blessure, je jouais très bien. A Wimbledon, j’éprouvais un sentiment de maîtrise totale. Ce niveau, je sais que je peux le retrouver, c’est une question de travail et de patience.

Comment expliquez-vous toutes ces blessures dans le tennis professionnel?

Le circuit est de plus en plus exigeant, notamment pour les meilleures. Je m’en suis rendu compte en 2015 lorsque j’ai intégré le top 10 pool. J’avais fait beaucoup d’efforts pour m’en approcher. L’année suivante, j’avais envie de jouer moins, de m’entraîner davantage, mais ce nouveau statut m’obligeait à participer à un certain nombre de grandes épreuves, en Asie, en Europe, aux Etats-Unis. Ce sont des règles que le grand public ne connaît pas mais qui expliquent pourquoi le classement fluctue autant d’une année à l’autre.

Le tennis féminin a une particularité: la maternité…

Il y a actuellement un baby-boom chez les joueuses. Elles veulent toutes faire un bébé et revenir. Personnellement, je ne voudrais pas imposer à mon enfant mes horaires, mes voyages, mes décalages horaires, mon rythme de vie.

Quand pensez-vous pouvoir reprendre la compétition?

En principe à Saint-Pétersbourg [du 29 janvier au 4 février]. Et si c’est encore prématuré, je reviendrai en février pour la Fed Cup [10 et 11 février en République tchèque], si l’équipe a besoin de moi.

En Fed Cup, vous ne retrouverez pas Martina Hingis, qui a mis un terme définitif à sa carrière…

Je l’ai revue à sa soirée d’adieu à Zurich. Ne plus jouer en Fed Cup était ce qui l’attristait le plus. Elle reste très attachée à cette équipe et je pense qu’elle nous accompagnera encore en République tchèque. Pas pour jouer, mais pour nous escorter et suivre son fiancé, qui est le médecin de l’équipe.

Quels objectifs vous fixez-vous pour 2018?

Rejouer sans douleur, reprendre du plaisir. Si je peux finir l’année dans le top 50, ce serait fantastique.


Federer et Wawrinka avec Djokovic

Stan Wawrinka participera finalement à l’Open d’Australie. Il sera même tête de série No 9 du tableau masculin, dont le tirage au sort a été effectué jeudi. Pour son premier match depuis six mois, le Vaudois affrontera le Lituanien Ricardas Berankis (138e mondial), alors que Roger Federer sera opposé au Slovène Aljaz Bedene (51e).

Wawrinka pourrait retrouver Dominic Thiem (No 5) en huitième de finale et Novak Djokovic ou Alexander Zverev en quart de finale. Le survivant de cette partie de tableau extrêmement dense pourrait défier Federer en demi-finale, si le Suisse bat (théoriquement) Richard Gasquet au 3e tour, Milos Raonic ou Sam Querrey en huitième, Juan Martin Del Potro ou David Goffin en quart. Spéculation inutile en revanche pour Belinda Bencic: la Saint-Galloise devra être au top dès le premier tour pour passer l’obstacle Venus Williams (5e joueuse mondiale).

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