La voie de la souplesse. Au pays du judo, utiliser la force de l’adversaire est une seconde nature. Fortement critiqué après les propos misogynes de son président Yoshiro Mori, le comité d’organisation des Jeux olympiques de Tokyo a finalement retourné la charge à son avantage en remplaçant l’antique Mori (83 ans) par la personne idéale: Seiko Hashimoto, une femme, plus jeune (56 ans), ancienne athlète et récente ministre «des Jeux olympiques et de l’Egalité des sexes».

Cela suffira-t-il à rendre de nouveau désirables et modernes ces maudits Jeux, reportés d’un an en raison de la pandémie de Covid-19, devenus un gouffre financier, toujours en sursis et pour l’heure maintenus du 23 juillet au 8 août? Rien n’est moins sûr. Si la nouvelle présidente du comité d’organisation a d’emblée promis d’œuvrer à «attirer l’attention sur l’égalité des sexes» et à porter le taux de femmes au sein du conseil exécutif du comité de 20% à 40%, sa véritable tâche sera surtout de faire revenir les volontaires démissionnaires, de rassurer les partenaires économiques et de convaincre l’opinion publique de suivre le gouvernement dans l’idée qu’organiser les Jeux olympiques reste la meilleure chose à faire.