Les coureurs d'Astana seront finalement les bienvenus, dès samedi prochain, sur les routes du Tour d'Italie. Un surprenant retournement de situation puisque le 1er février dernier, RCS, la société organisatrice du Giro, n'avait pas retenu la formation kazakhe en raison de sa lourde année 2007 sur le terrain du dopage.

Comment appréhender la volte-face? Dans un communiqué publié samedi, les organisateurs ont argué, quitte à se contredire à trois mois d'intervalle, que l'exclusion initiale d'Astana n'avait rien à voir avec des «critères étiques», mais était due au «manque de qualité de l'effectif proposé» dans un premier temps par le directeur sportif Johan Bruyneel. «J'ai invité Contador», a d'ailleurs nuancé Angelo Zomegnan, responsable du cyclisme chez RCS. La rumeur, elle, fait état de pressions exercées en haut lieu par le gouvernement kazakh, directement concerné puisque l'ancien premier ministre Danial Akhmetov est le patron de l'équipe.

Après la Vuelta, qui ne pouvait raisonnablement pas se priver de la présence d'Alberto Contador en septembre, c'est donc au tour du Giro de revenir sur ses pas. La démarche démontre une fois de plus l'incapacité des acteurs du cyclisme à tracer une ligne claire et à s'y tenir. RCS, longtemps solidaire d'ASO - propriétaire du Tour de France - dans son conflit avec les responsables de l'Union cycliste internationale (UCI), isole aujourd'hui son homologue français concernant le cas Astana.

Un an pile après le conclave réunissant sous le signe de «l'union sacrée» le président de l'UCI Pat McQuaid, le directeur du Tour de France Christian Prudhomme et l'ancien président de l'association des coureurs Patrick Lefévère, conclave qu'on s'était plu à baptiser le «pacte de Moudon» dans l'espoir qu'il aboutisse à quelque chose d'historique, force est de constater que les familles du vélo sont de plus en plus divisées.

Astana n'en a cure. Déjà victorieuse des Tours du Pays Basque (Contador), de Californie (Leipheimer) et de Romandie (Klöden), la formation kazakhe a réalisé une première partie de saison remarquable. Et à l'heure où chaque épreuve lutte pour conserver ou acquérir des audiences TV de pointe et retenir des sponsors désabusés, le Tour d'Italie s'offre un joli coup de pub à une semaine du départ de Palerme: c'est la première fois depuis 1999 que le détenteur du maillot jaune - Contador, donc - s'alignera sur le Giro. A l'époque, il s'agissait de Marco Pantani.