Plus de dix millions de spectateurs massés au bord des routes de l’Hexagone en trois semaines de course. Après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques, le Tour de France est le troisième événement sportif le plus suivi du monde. Mais le grand public n’en voit qu’une partie. Lui échappe tout ce qui se passe dans l’intimité des équipes participantes. Et puis ce que les sponsors et partenaires mettent en place pour leurs invités. Grâce au Coq sportif, Le Temps a suivi l’étape de lundi, du Jura français à Berne, en mode VIP.

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9 heures du matin. Les coureurs ne s’élanceront que dans plusieurs heures, mais la foule est déjà bien présente à Moirans-en-Montagne. Le soleil tape, chacun se protège comme il peut, mais pas question de quitter la place idéale pour voir passer la caravane publicitaire. A deux pas, un accès sécurisé permet d’arriver au «Village». Là, toutes les marques liées au Tour de France tiennent boutique trois heures avant chaque départ. On se croirait dans un festival, avec ses distributions de goodies publicitaires, ses espaces restauration et ses animations diverses. A un détail près: ici, tout est gratuit. Pour autant qu’on porte le sésame au poignet. «Ce bracelet ne peut pas être acheté, nous explique-t-on à l’entrée. Ici, il n’y a que des invités.»

Pas de stratégie

En tout, ce sont 250 à 400 personnes qui furètent chaque jour de course dans cet espace, installé au départ de chaque étape. Dans chaque stand, on s’affaire autour des machines à café et des plateaux de viennoiseries. Les profils des invités sont variés. «On accueille autant nos prestataires et des gens de l’interne que des journalistes, explique Charlotte Marinelli, cycling manager du Coq sportif. Il n’y a pas vraiment de stratégie. Nous sommes fiers d’être sur le Tour, cela nous permet de soigner notre image, mais nous ne sommes pas en quête d’un retour sur investissement immédiat.»

Avec elle, ils sont jusqu’à cinq à faire vivre «l’expérience» à des groupes de taille variable. La limite est celle de la place disponible dans les deux voitures dont la marque dispose dans l’avant-course. Les sponsors les plus importants peuvent en avoir davantage, dont certaines au cœur du peloton. Mais la plupart parcourent l’étape entre la si populaire caravane publicitaire et les cyclistes. A travers les campagnes et les villages, on se rend compte très concrètement de la foule que le Tour attire. Et les spectateurs saluent les voitures d’invités comme si elles faisaient partie du show à part entière.

Lunch-box et Radio Tour

Poursuivis par le peloton, on suit l’évolution de la course via «Radio Tour». A mi-parcours, les voitures se garent pour une pause pique-nique. Mécanique rodée: tous les invités bénéficient d’une lunch-box préparée par une société partenaire. Une demi-heure, pas plus. Il s’agit de ne pas se faire rattraper par les cyclistes. Aurélien Pajot, qui vit sa treizième Grande Boucle comme «tour-leader», connaît les coulisses de l’épreuve sur le bout des doigts et distille des anecdotes sur tous les sujets: les coureurs, la technique, les stratégies, le pédalier ovoïde de Chris Froome. «Mon discours est le même avec tous les types d’invités, assure-t-il. Après, je développe en fonction des intérêts spécifiques de chacun.»

Aux abords de la ligne d’arrivée, un nouvel espace réservé aux invités est installé chaque jour, avec bars, parasols et écrans géants. De là, on voit les cyclistes se battre pour la victoire d’étape. Un dernier verre, et c’est fini. Charlotte, Aurélien et les autres s’apprêtent eux à tout recommencer dès la prochaine étape. D’ici-là, pas de folies. Ils l’avouent volontiers: le Tour de France est aussi exaltant qu’éreintant, et soigner son hygiène de vie est primordial pour tenir la distance. Pour ceux qui œuvrent dans les coulisses VIP comme pour ceux qui pédalent dans le peloton.