Heureux les pauvres d'esprit: il s'appelle d'ailleurs le Beatus, ce bateau où, le week-end dernier sur le lac de Thoune, une poignée de supporters du FC Sion s'en étaient pris violemment aux passagers. Mais le bonheur ne dure qu'un temps. Echaudée par ces incidents, la police valaisanne hausse le ton en prévision d'un match d'ores et déjà classé à risques: la venue du FC Zurich ce dimanche.

Le FC Zurich, son football léché, mais ses fans qui le sont un peu moins. Et comme, en face, la réputation des ultras sédunois n'est plus à faire, les pandores valaisans préviennent: «Aucun acte de violence n'est toléré. Les éléments perturbateurs seront dénoncés aux autorités judiciaires et administratives.» Et de rappeler que des interdictions de stade ont été prononcées tout au long de la saison, trois supporters étant même condamnés par la justice valaisanne. Le FC Sion envisage, de son côté, de porter plainte «pour violation de domicile» à l'encontre des supporters ayant réussi à braver les interdictions.

Un encadrement strict

Pour ce Sion-Zurich où 13000 spectateurs sont attendus, la police n'a pas lésiné: présence au stade de 250 personnes chargées de la sécurité, «dont une majorité de policiers», un «encadrement strict» entre la gare et le stade pour les fans zurichois arrivant par train, et stationnement forcé sur un parking «spécialement aménagé» pour ceux qui rejoindront le Valais par la route. «Pas question de laisser des gens se balader en bande dans la ville», a ainsi expliqué le porte-parole de la police Jean-Marie Bornet.

Le sujet est âprement discuté sur les forums des différents clubs de supporters valaisans. La tolérance zéro y a même ses partisans: «Ces gens devraient être interdits de stade, et vite, avant qu'on arrive à des Fan-Pass nominatifs pour tout le monde pour la faute de 35 crétins.» 35 crétins? 35 bienheureux? Ce n'est peut-être pas si simple. Un autre supporter se souvient la saison dernière du retour d'un match à La Chaux-de-Fonds qui avait vu le FC Sion obtenir son billet pour la Super League. Sur une aire d'autoroute entre Yverdon et Lausanne, les passagers d'un bus valaisan, qui n'avaient pourtant rien de jeunes casseurs écervelés mais étaient plutôt «des gens respectables (35-45 ans)» avaient «dévalisé le magasin en volant la nourriture au nez et à la barbe de la caissière», puis «démonté les décorations du restauroute», l'un d'eux piquant même «un chalet en bois pour le ramener à la maison. Parce qu'on est les plus forts, qu'il a dit, ce grand con.»