Bien qu'originale dans sa démarche, la FIFA n'est pas la première à s'être tournée vers le marché obligataire. En 1999, Formula One Holdings, le groupe britannique qui gère les droits de retransmission télévisée des courses automobiles de Formule 1, avait déjà lancé un emprunt. Face aux observations du commissaire européen à la Concurrence (à l'époque Karel Van Miert), Bernie Ecclestone, patron de Formula One et vice-président de la Fédération internationale automobile (FIA), avait dû faire des concessions pour éviter les foudres de Bruxelles. Ainsi le montant de l'émission, codirigée par Westdeutsche Landesbank et Morgan Stanley, a été ramené de 2 milliards de dollars à 1,4 milliard et de vingt-deux ans à onze ans. Le taux actuel est de 8% et la coupure minimale de 500 000 dollars (820 000 francs suisses).

Le monde de la musique a également succombé aux charmes de la finance. Le précurseur est David Bowie. En 1997, la pop star britannique a lancé un emprunt: des obligations d'une durée de dix ans, assorties d'un intérêt de 7,9% et gagées sur ses futurs droits d'auteur portant sur une vingtaine de disques d'or ou de platine datant d'avant 1990. Cette opération a rapporté 55 millions de dollars à David Bowie. Et les émules n'ont pas tardé. Rod Stewart, en 1998, lui a emboîté le pas, négociant un prêt de 15 millions de dollars. Alors qu'Iron Maiden concluait, en 1999, une opération du même type pour 30 millions de dollars.

Enfin, 30 millions de dollars d'obligations seront remboursés sur les succès de la Motown et notamment ceux de Marvin Gaye et des Temptations.

Les professionnels du septième art profitent eux aussi du filon. Les studios de cinéma Dream Works – dont un des propriétaires est Steven Spielberg – ont levé, en 1997, 325 millions de dollars garantis par les rentrées futures de quatorze films d'action. L'opération a même décroché la note maximale (AAA) auprès de Moody's Investors, un sésame déjà obtenu par David Bowie.