Supporters

Les tribunes argentines, chœur du football mondial

Le football argentin n’exporte pas seulement ses joueurs, mais aussi, et de plus en plus, ses chants de supporters, repris dans le monde entier parce qu’ils ont quelque chose de plus: une créativité, une musicalité, un supplément d’âme

Lors de la dernière finale de Ligue des champions, les fans de Liverpool ont plusieurs fois repris Si Señor, un air à la gloire de leur attaquant brésilien Roberto Firmino. Cette chanson a une histoire. Elle détourne un tube du musicien argentin Fito Paez, Y dale alegria a mi corazon (Et donne de la joie à mon cœur), qui entra pour la première fois dans un stade lors de la Copa Libertadores 2015. Au Monumental de Buenos Aires, les supporters de River Plate lancèrent cette ode au coach Millonario Marcelo Gallardo, tout en glissant quelques tacles aux rivaux de Boca Juniors.

Un parcours singulier mais un destin assez commun, tant les chants argentins sont repris en Europe ces dernières années. Parfois sans en avoir conscience. Ainsi, Dale Dale Boca, né à la Bombonera de Boca Juniors, doit d’être chanté partout, notamment à Mayence, à une vidéo des ultras de l’équipe de Serie C italienne de Cavese. Et pourtant… Historiquement, la première forme de supportérisme organisé sur le continent sud-américain naît au Brésil, le voisin et rival, avec la création en 1939 à São Paulo de la première «torcida organizada», suivie de très près, en 1942, par la Charanga de Flamengo.