Sans le coup d'éclat de Paul Accola, le ski suisse continuait, hier sa collecte de médailles… en chocolat aux championnats de monde de St. Anton. Après avoir en effet terminé 6e du super-G féminin et 4e du combiné, la Valaisanne Corinne Rey-Bellet a dû se contenter de la 4e place de la descente. Devant elle? Un triplé autrichien avec, dans l'ordre: Michaela Dorfmeister, Renate Götschl et Selina Heregger.

«Les diplômes (ndlr: qui récompensent les places 1 à 6), c'est bien joli, mais je commence à en avoir un peu marre, se lamente la skieuse des Crosets. Cela me fait mal au cœur. J'ai bien skié dans cette descente, sauf à l'endroit où je commets cette grosse erreur qui me coûte la victoire. Je vais me concentrer désormais sur le géant. Je n'ai plus rien à perdre.»

Le ski autrichien a donc lavé l'affront subi jusqu'ici. Pourvu seulement de médailles d'argent (Stefan Eberharter en super-G et Christine Sponring en slalom) et de bronze (Hermann Maier en super-G), il a enfin remporté cet or qui se refusait à lui. Mais pas par celle qui était l'immense favorite de la descente: Renate Götschl. Victime d'une chute en super-G et d'une élimination lors du slalom du combiné, la skieuse d'Obdach a été battue, à la régulière cette fois. Un joli pied de nez au sort pour Michaela Dorfmeister qui a galéré jusqu'ici cet hiver en descente (aucun podium dans cette discipline).

«Cette victoire a une valeur énorme pour moi, confie l'Autrichienne. J'ai toujours poursuivi l'objectif de devenir un jour championne du monde et jusqu'ici, j'ai dû me contenter de l'argent ou du bronze. J'ai attendu toute ma vie pour obtenir ce titre. Vous pensez bien que je vais le savourer.» A l'arrivée, Michaela Dorfmeister est tombée dans les bras de sa maman. «Mes parents étaient là, dit-elle. Je suis heureuse pour eux.» Et d'avoir aussi une pensée pour ses deux rats blancs Cindy et Columbus. «Ce sont mes gris-gris. Le problème, c'est qu'ils ne me portent chance que quand ils sont réveillés. Or, habituellement, ils dorment le matin, mon ami a donc dû les réveiller.»

Renate Götschl, quant à elle, se réjouissait pour l'Autriche. «Après notre mauvais début dans ces championnats du monde, nous avons regardé vers l'avant, encaissé les critiques. Nous ne nous sommes pas laissé abattre. Ce résultat fait taire les voix négatives. Nous possédons un staff de très haut niveau. Notre résultat d'ensemble confirme cette excellence.»