Avant que cette saison 2007 ne vive son coup d'envoi, en terres australes, les Ferrari se posaient en favorites du championnat. A la lumière des essais de l'hiver, elles faisaient même carrément figure d'épouvantails.

Pourtant, à l'issue des trois premières manches, c'est l'écurie McLaren-Mercedes qui occupe la tête du classement des constructeurs, avec cinq points d'avance sur Ferrari. Si la Scuderia a largement dominé le premier Grand Prix, en Australie, elle fut écrasée par l'équipe McLaren en Malaisie avant de conclure sur un quasi match nul, hier, sur le circuit de Shakir.

Comment les performances des monoplaces peuvent-elles varier à ce point? Comment Fernando Alonso peut-il gagner en Malaisie et terminer distant cinquième le dimanche suivant? La faute au règlement 2007, accusent les ingénieurs.

Le poids du règlement

«Le cas de Fernando Alonso, aujourd'hui, montre à quel point il est devenu difficile d'optimiser tous les paramètres qui mènent à la victoire», analyse Pascal Vasselon, directeur technique de l'écurie Toyota. «Il suffit d'un problème infime, un réglage moins réussi ou un pilote qui n'est pas à 100% de sa confiance pour perdre pied. Le règlement 2007 a engendré des voitures très pointues, qui se révèlent sensibles au moindre changement de paramètre. Sans compter que les performances des uns et des autres sont très proches. Trois dixièmes peuvent faire basculer un résultat.»

Les confirmations d'une telle analyse abondent. En Malaisie, Kimi Räikkönen souffre-t-il d'un moteur légèrement moins puissant? Il termine troisième. Hier, Fernando Alonso s'avère-t-il en délicatesse avec ses freins? Il échoue cinquième, derrière la BMW Sauber de Nick Heidfeld. Des petits détails qui attestent de la fragilité de l'équilibre des monoplaces, ainsi que du resserrement du plateau.

Désormais, les écuries disposent de trois semaines pleines avant le Grand Prix d'Espagne, qui se courra le 13 mai prochain sur le circuit de Barcelone. Un intervalle qui va leur permettre de réviser profondément leurs voitures. «Il y a toujours trois étapes dans la mise en œuvre d'une monoplace», poursuit Pascal Vasselon. «Dans un premier temps, on met la voiture au sol pour la première fois, en janvier, et on tire très vite des conclusions sur ce qui ne va pas. Ensuite, on prépare en hâte des retouches pour le premier Grand Prix, en Australie. Et enfin, on peaufine une refonte complète de la voiture pour le premier Grand Prix européen, deux mois plus tard. Notre TF107 sera ainsi complètement revue à Barcelone, tant sur le plan de l'aérodynamique qu'au niveau du châssis.»

De nombreuses écuries s'apprêtent ainsi à sortir une version «B» de leur monoplace en Espagne, version intégrant les leçons apprises pendant les trois premiers Grands Prix.

Avec l'apparition de ces nouvelles voitures, la hiérarchie pourrait subir de profonds changements à Barcelone. Ensuite, les courses s'enchaînant à cadence soutenue, le temps manquera pour de profondes révisions. Le Grand Prix d'Espagne constituera ainsi le véritable coup d'envoi de la saison 2007.

Hamilton dans l'histoire

Un deuxième départ du championnat qui s'annonce disputé, puisque trois pilotes l'abordent à égalité parfaite de points: Fernando Alonso, Kimi Räikkönen et Lewis Hamilton caracolent en tête du classement avec 22 points, cinq unités devant le vainqueur d'hier, Felipe Massa. On n'aurait osé rêver meilleur scénario avant le mois d'interruption du championnat.

Un scénario auquel Lewis Hamilton apporte sa fantaisie: hier, le Britannique est entré au panthéon du sport automobile en étant le premier pilote de l'histoire à terminer ses trois premières courses sur le podium.

Au cours de ce Grand Prix de Bahreïn, il s'est montré une nouvelle fois plus rapide que son champion du monde de coéquipier, Fernando Alonso. Il ne lui manque, désormais qu'une victoire pour asseoir son talent exceptionnel. Ce n'est qu'une question de temps. Ce garçon, un jour, sera champion du monde. Et pourquoi pas dès cette année?