L'Allemand Leo Held, 37 ans, préside aux destinées de l'équipe suisse de judo depuis le 1er janvier 1997. Il sera du voyage à Sydney où trois de ses judokas seront engagés aux Jeux olympiques dès le 15 septembre. Depuis vendredi dernier, son équipe est au Japon pour un ultime stage de préparation. Entretien avec le «boss» avant le départ.

Le Temps: Dans quel état de forme se trouve l'équipe suisse de judo?

Leo Held: Elle est prête, motivée. Le stage que nous allons entreprendre au Japon doit avant tout nous permettre de peaufiner un ou deux détails. Surtout, il doit être l'occasion pour nos judokas de se changer les idées après l'énorme préparation qu'ils ont subie jusqu'ici et qui s'est très bien déroulée.

– Parlons des trois judokas suisses engagés aux Jeux. La Lausannoise Isabelle Schmutz tout d'abord. Que pouvez-vous nous en dire?

– Isabelle est techniquement parfaite. Elle travaille bien sur ses jambes et possède une redoutable faculté de déplacement tant de gauche à droite que d'avant en arrière. Sinon, elle a un bon mental et son judo est bien structuré.

– Et le Carougeois David Moret?

– David est très jeune, mais il a bien progressé cette année et déjà en fin de saison dernière où il a pris confiance après sa médaille de bronze aux championnats d'Europe juniors. C'est un garçon qui est bien dans sa tête, très concentré. Blessé à l'épaule en début de saison, il s'est remis de ses problèmes.

– Enfin, le champion d'Europe 2000, le Vaudois Sergei Aschwanden?

– Le problème de Sergei c'est qu'il veut tout et tout de suite. Il doit encore apprendre à construire son parcours étape par étape. Sinon, c'est un judoka d'excellent niveau et qui peut nous valoir, comme ses camarades, de bonnes surprises à Sydney.

– Précisément, d'Isabelle Schmutz, de David Moret ou de Sergei Aschwanden, lequel des trois a le plus de chances de médaille?

– Les trois sont au même niveau. Vous savez, dans le monde du judo de compétition, personne, dans les dix premiers mondiaux, n'est assuré d'obtenir une médaille. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte: un bon départ dans la compétition, la forme du jour, le tirage au sort. Tout est possible. Une chose apparaît certaine: les résultats obtenus seront la conséquence du travail effectué jusqu'aux Jeux. Et là, je suis assez optimiste.

– Quel est le niveau actuel du judo suisse de compétition? A-t-il progressé depuis votre arrivée?

– Je crois que les résultats prouvent que la progression est là, même si je ne considère pas que je suis à l'origine du phénomène (n.d.l.r.: les trois judokas prétendent le contraire. Ils louent le travail de Leo Held, un «excellent coach national» selon eux). Il faut continuer à travailler durement. La collaboration avec les clubs et les formateurs est excellente. Pour ce qui me concerne, j'aime bien dialoguer avec les athlètes. Je ne tiens pas à leur donner des ordres. Leur progression, nous devons la construire en parfaite symbiose. Jusqu'ici, ça se passe plutôt bien.