Quand Hublot a acheté un espace dans le consortium publicitaire de l'Eurofoot - avant de le céder à une organisation contre le racisme, dans un geste magnanime et efficace -, l'entreprise accusait des pertes et n'avait pas les moyens de son audace. «Mais je n'ai cessé de répéter qu'en 2008, lorsqu'il faudrait payer, nous aurions l'argent», raconte Jean-Claude Biver.

L'opération a définitivement ancré Hublot dans l'inconscient collectif. «Avant de voir notre nom sur le panneau des arbitres, beaucoup de gens ne le connaissaient même pas. Ils l'ont découvert aux côtés des grandes marques, McDonald's, UBS, etc., et n'ont pas pensé que nous étions petits. D'ailleurs, je suis persuadé que Manchester United, lui non plus, ne savait pas que nous étions aussi petits... Au final, l'Euro ne fut pas un grand coup. Ce fut un tsunami. En termes de networking, les retombées ont dépassé toutes mes espérances.»

Dans les arcanes de l'Euro, la marque a tissé un réseau d'accointances qui, de protocoles en badineries, l'a conduite peu à peu vers Manchester. «J'ai rencontré David Gill à cette occasion, avoue Jean-Claude Biver. J'ai aussi collecté le téléphone portable de nombreux milliardaires, présidents de fédération et chefs d'Etat. A Vienne, nous avons acheminé des invités depuis les quatre coins du monde. Nous avons eu besoin de dix-huit avions privés, nous occupions tout le tarmac (éclat de rire).» En 2007, Hublot a dégagé un chiffre d'affaires de 151 millions de francs, cinq fois supérieur à celui de 2004, pour un bénéfice de 31 millions.