La compétition de boardercross, organisée dans le cadre du FOJE, avait vu la délégation suisse décrocher sa première médaille (ndlr: la Grisonne Sina Candrian, âgée de 16 ans, s'était emparée de l'argent. Au total la Suisse aura décroché 10 médailles, dont une d'or). Méconnue du grand public, cette épreuve sportive rejoindra le giron olympique à l'occasion des Jeux d'hiver de Turin 2006.

Quatrième discipline officielle du snowboard (avec le half-pipe, le tremplin et le slalom parallèle), le boardercross se singularise par son caractère spectaculaire. Inspirée du motocross, cette activité exigeante rassemble quatre à six «riders» équipés de casques et de protections diverses. Les concurrents dévalent de concert une piste tortueuse, aux allures de toboggan géant, composé de virages serrés, bosses et autres tunnels. Le premier arrivé remporte la course. Enfantin?

«Cette discipline exige énormément d'expérience et de maîtrise sur la planche», affirme Alex Barman, concepteur de la piste du FOJE 2005, et snowboarder accompli depuis près de 20 ans. «Les virages relevés, avalés à pleine vitesse, imposent de vaincre la force centrifuge. Et les bosses vertigineuses, qu'il s'agit d'amortir, mettent les nerfs à rude épreuve. En outre, la force explosive s'avère primordiale, surtout au départ, où cette faculté permet de prendre une avance très souvent décisive. Pour s'imposer, les «riders» doivent vraiment maîtriser tous les types de terrains et, au besoin, savoir jouer des coudes sans vergogne (ndlr: à titre personnel, cet adepte du ski extrême avoue préférer l'évasion que procure le free-ride, garant d'une liberté totale, consommée sur un manteau de neige poudreuse et immaculée).»

Une piste parfaitement lisse

«Un beau tracé de boardercross doit combiner des difficultés différentes, poursuit l'«architecte» de la piste du FOJE. Il s'agit d'éviter les répétitions dans la conception du parcours, dont la finition revêt également une importance capitale. La piste doit être parfaitement lisse, ce qui exige un entretien scrupuleux entre les courses.»

«Depuis quelques années, notre sport se professionnalise graduellement», semble regretter Fabrice Zenoni, responsable de l'organisation des compétitions de snowboard à l'occasion du FOJE montheysan. A l'instar de ses pairs, ce «free-rider» de la première heure déplore l'intrusion de la très stricte Fédération international de ski (FIS) dans l'univers convivial de la planche à neige. «Désormais, des entraîneurs encadrent tous les compétiteurs, et l'attention portée à la compétitivité du matériel ne cesse de s'accentuer», observe le Valaisan, pris de nostalgie.

«Les Jeux olympiques constitueront un cadre idéal pour la promotion du boardercross, se réjouit Denis Giger, chef de l'équipe helvétique de snowboard au FOJE. Cette discipline spectaculaire, à fort potentiel médiatique, a assurément un bel avenir devant elle. Les Suisses s'y distinguent régulièrement (ndlr: tel Guillaume Nantermod, champion du monde de 2001 à 2003), et la relève s'annonce prometteuse, à l'image de Sina Candrian». «Je rêve de me qualifier pour les JO de Turin 2006, avoue la jeune médaillée. Vancouver 2010? Je ne sais pas. Ça me semble encore si loin.»