Hooligans, ultras. Deux mots qui frappent mais qui, souvent, sont utilisés de manière impropre, voire abusive. Au-delà du débat étymologique, la distinction fondamentale participe tout autant de l'action que de la motivation. Pour schématiser, un hooligan défend des valeurs hermétiques, des courants d'opinion juxtaposés à des armoiries; un ultra défend un attachement à des couleurs, à une équipe - en considérant la violence, tout au plus, comme une voie subsidiaire.

L'obédience ultra repose sur la fidélité, sur un code d'honneur qui, entre autres sacrifices, consiste à ne manquer aucun match de son équipe, quels qu'en soient le lieu, la date ou l'empêchement. «L'ultra aime le sport et reste ouvert à de nouveaux adhérents, explique François. La notion de couleurs y est toute-puissante. D'ailleurs, les vols de matériel (banderoles, drapeaux) sont fréquents.»

Les hooligans obéissent à d'autres inclinations: «Ils ne sont pas nécessairement d'extrême droite. Certains se moquent de la politique. Généralement, ils vivent en vase clos, selon des préceptes connus d'eux seuls. Si je le voulais, je ne saurais pas comment entrer dans un groupe. Quoi qu'il en soit, les hooligans entretiennent des rivalités d'ordre clanique où le football passe largement au second plan. Ils ne portent pas de maillots. Ils vont au stade d'abord pour eux-mêmes, pour les valeurs du groupe et, ensuite, pour leur équipe.»