Durant la phase de poule de la Ligue des champions, Le Temps s’intéresse à six équipes emblématiques de sa petite sœur, la Ligue des champions féminine de l’UEFA, que nous préférons appeler la Ligue des championnes.

C’est la Suède telle qu’on l’imagine: de l’eau, des bouleaux, des vélos, une usine Volvo. Umea, ville universitaire géographiquement deux fois plus proche de Vaasa, juste en face sur la côte finlandaise de la Baltique, que de Stockholm, bien plus au sud, n’avait pas vocation à écrire l’histoire, fût-elle celle du football féminin. C’est pourtant ce qu’a fait Umea IK, la référence européenne des années 2000, sept titres nationaux, cinq finales de Ligue des championnes entre 2002 et 2008 et surtout deux titres européens (2003, 2004).

Umea IK n’a plus rien gagné depuis 2008 et n'a plus participé à la Coupe d’Europe depuis 2010. Le modèle, c’est désormais l’Olympique lyonnais; le visionnaire, Jean-Michel Aulas. Mais avant l’OL et Aulas, il y eut Umea et Roland Arnqvist. Il n’était ni président ni millionnaire, juste un jeune footballeur blessé qui, en 1985, à l’âge de 21 ans, reporta toute son ambition sur la section féminine qui venait d’être créée. Il y avait chez lui quelque chose qui relevait plus de l’obsession que de l’intuition: faire de son équipe la meilleure d’Europe.