Après avoir obtenu le meilleur résultat de son histoire en 2001 grâce au tandem Kimi Raikkonen et Nick Heidfeld, qui avaient propulsé l'écurie Sauber à la quatrième place du championnat, l'équipe avait reculé d'un cran en 2002. Cette année, avant le onzième Grand Prix de la saison qui se disputera dimanche en Angleterre, Sauber ne totalise que neuf points au classement des constructeurs, la plupart ayant été marqués par l'expérimenté Heinz-Harald Frentzen.

L'objectif de terminer l'année derrière l'intouchable trio composé par Ferrari, Williams et McLaren sera impossible à atteindre. Pour Sauber, huitième du classement provisoire, l'idée est de passer Jordan, qui totalise trois points de plus, puis de rejoindre Jaguar à la sixième place. Même avec le nouveau barème d'attribution des points, qui permet aux huit premières voitures d'un Grand Prix d'être classées, cette mission s'annonce difficile.

L'équipe suisse s'est laissé déborder par son impossibilité chronique à développer sa voiture en cours de saison. Peter Sauber, qui emploie 280 personnes, avait pourtant renforcé ce département ces dernières années. Jacky Eeckelaert, l'un des responsables techniques de l'écurie d'Inwill, reconnaît que l'équipe souffre côté technique. «La Sauber C22 est très bonne sur le plan mécanique des suspensions. Elle est à la fois rigide et légère. Mais la concurrence a fait beaucoup mieux cette année en exploitant la stabilité du règlement technique. Le facteur pneumatique est également déterminant. Il est certain que Michelin a fait un grand pas en avant. Notre moteur Ferrari est irréprochable, même si nous avons connu quelques soucis de fiabilité en début de saison. Nous souffrons surtout de notre manque de développement aérodynamique.»

L'absence d'une soufflerie

C'est bien là le principal problème de la Formule 1 moderne. Le moindre défaut aérodynamique peut reléguer une voiture au fond de la grille. Or, Sauber est l'une des rares équipes à ne pas disposer d'une soufflerie au sein de son usine. Peter Sauber a débloqué un important budget pour mettre en route sa construction, en grande partie grâce au transfert de Kimi Raikkonen chez McLaren. Mais cette soufflerie ne sera achevée qu'en octobre, et comme un tel outil réclame des mois de réglages, elle ne sera pas opérationnelle avant la saison 2004, ce qui devrait handicaper la conception de la prochaine voiture. «D'ici là, nous continuerons à louer des heures à la soufflerie de Lucerne, même si elle n'offre pas toutes les possibilités exigées pour la mise au point d'une monoplace de F1. Nous travaillons également avec une soufflerie anglaise.»

Des questions de budget freinent également la progression de l'équipe. Cette année, Sauber ne dispose que d'une voiture d'essais là ou les écuries concurrentes font tourner deux ou trois bolides. «On se contente d'effectuer deux fois trois jours d'essais par mois entre les courses. C'est une question de moyens, car les essais coûtent cher en pièces et en matériel.» Ce service minimum impose un long travail de réflexion aux hommes de Peter Sauber, lesquels vont traquer le détail pour essayer de retrouver de la performance en 2004.