Novak Djokovic était perplexe quant à la tenue, dès le 31 août, de l’US Open. Ou, plus exactement, le joueur de tennis serbe était opposé aux conditions «extrêmes» imaginées pour la reprise du Grand Chelem après le report de Roland-Garros et l’annulation de Wimbledon: un seul hôtel pour loger tous les joueurs, des tests réguliers, un nettoyage intensif érigé en dogme, un nombre d’accompagnants très limité, pas de public. Tout cela bien sûr pour comprimer au maximum les risques de propagation du nouveau coronavirus.

Le numéro 1 mondial a développé une idée radicalement différente du retour au jeu lors de l’Adria Tour, qu’il a organisé dernièrement entre plusieurs villes des Balkans. Les fans étaient présents par milliers. Ni eux ni les joueurs ne portaient de masque ou ne respectaient les règles de distanciation physique qui se sont imposées ces derniers mois. Dans des régions où ce n’était certes pas interdit, embrassades, bains de foule et soirées en discothèque se sont ajoutés aux matchs de tennis. Une joyeuse débauche pour symboliser la possibilité, la nécessité, l’imminence d’un retour à la normale.

Mais la douce ivresse a laissé place à la gueule de bois. Novak Djokovic lui-même et trois autres joueurs ayant participé aux réjouissances ont été testés positifs au Covid-19, comme plusieurs membres de staffs. Et combien de spectateurs?

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Etape par étape

Au-delà de la chasse aux responsables et du profond embarras dont le tennis se serait bien passé, cette affaire a valeur d’avertissement pour le monde du sport en général. Il a subi la crise de plein fouet, il sait qu’il en ressentira les effets plus longtemps que d’autres secteurs, et son économie a besoin d’une relance aussi rapide que possible. Mais il n’a pas d’autre option que de procéder prudemment, par étapes, selon des protocoles stricts que seule la responsabilisation de tous les acteurs permettra d’assouplir.

Il y va de son propre intérêt. Dans tous les pays, son industrie, jugée non essentielle à la bonne marche de la société, fut l’une des premières à devoir interrompre ses activités à cause de la pandémie, et elle est d’autant plus surveillée que quelques grands matchs de football pourraient avoir accéléré la diffusion du virus dans certaines régions. Le sport sait donc ce qui l’attend si chaque événement menace de se transformer en un nouveau foyer d’infection.

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